John Hart – La maison de fer

Lire ou ne pas lire une quatrième, telle est la question. Mon humble avis concernant celle-ci est qu’elle dévoile les mauvaises choses, celles que l’on apprend un peu plus tard que le début et que l’on découvre avec surprise. Je déconseille une fois de plus de lire ce résumé avant lecture.

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Michael n’a jamais connu d’autre foyer que la Maison de fer, sinistre orphelinat où il s’efforce de protéger son jeune frère, Julian, des autres enfants qui le martyrisent. Lorsque, adolescent, Michael s’enfuit à New York, il est recueilli au sein d’une grande famille du crime organisé et gravit peu à peu les échelons. Vingt ans plus tard, Michael décide de changer de vie et de fonder la famille que Julian et lui n’ont jamais eue. Pour mieux protéger la femme qu’il aime et qui ne sait rien de son passé, il retourne en Caroline du Nord, où vit encore son frère. Là, il découvre bien d’autres secrets, qui l’emportent inexorablement vers le lieu de son enfance qu’il a toujours fui.


Si je mentionne le fait que la quatrième raconte les mauvaises choses, c’est parce que le début de ce thriller est confus. Il l’est indéniablement et cela participe à l’immersion du lecteur. Ça le force à se concentrer, à rester perspicace et à tenter de comprendre. Sauf que si on lit le résumé, rien ne nous surprend parce qu’on a toutes les réponses sur le début de l’intrigue, et je suis presque sûre que certains lecteurs ne seront pas pris par l’histoire.
Sans lire la quatrième, on fait la connaissance de Michael qui n’a pas d’âge, ni de physique. On sait qu’il est en couple avec Elena, et qu’il va rendre visite à un Vieux mourant sans savoir de qui il s’agit. L’endroit où il se rend ressemble à un repère de gens pas fréquentables, mais le doute subsiste toujours puisque rien n’est clairement dévoilé. Lors de cette rencontre, quelque chose se passe qui force Michael à partir avec Elena, sa compagne. Sur la route, Michael a des flash back de son passé dans un orphelinat pour garçons, là où il a été élevé avec son frère. Son frère qu’il va rejoindre avec Elena pour nous offrir un thriller haletant plein de suspense et de rebondissements, se révélant être une vraie partie d’échec. Règlements de compte, assassinats, enlèvements, coups bas et torture, sur fond de politiciens pourris mais aussi beaucoup d’amour.

Rappelez-vous ma chronique qui parlait de Redemption Road du même auteur. J’avais vanté l’écriture et l’originalité de l’auteur, mais surtout, son talent à dire énormément en peu de mots. J’avais adoré les personnages et l’histoire en béton que m’avait proposés John Hart. De La maison de fer, j’attendais évidemment beaucoup. Autant, voire plus, que Redemption Road. C’est le problème lorsque notre première expérience avec un auteur se révèle être bonne ou très bonne, voire particulière : on imagine que tout le reste sera pareil. On a donc une chance sur deux d’être déçu.
Alors ?
J’ai trouvé La maison de fer légèrement au-dessus de Redemption Road grâce à sa fin (le petit bémol de Redemption, à mon avis).
En revanche, j’ai trouvé quelques longueurs. Pas des longueurs dans les phrases mais dans le déroulement de l’histoire. Parfois, ça traîne un peu, on glisse un dialogue ou une scène courte qui n’ont pas grand intérêt à mes yeux et qui coupent un peu le rythme. Une fois le livre fini je me dis que c’était pas si inutile et anodin que cela, mais sur l’instant, je l’ai vécu différemment. Rien de bien grave cependant.

Sinon, j’ai adoré ce livre encore une fois. Et plus que le style cette fois-ci (la première fois je le découvrais, j’ai dit tout ce qu’il y avait à dire dessus dans l’autre chronique ici), c’est l’histoire qui m’en a mis plein les yeux.
L’auteur joue sur plusieurs tableaux et avec une pléiade de personnages qui, même s’ils sont nombreux, se démarquent tous. On identifie chaque personnalité dès le début ainsi que son rôle, et jamais on ne s’emmêle les pinceaux.
Le personnage principal, Michael, est simplement génial. Typiquement le genre de personnage masculin que j’aime, une pierre qui cache des principes et des valeurs inébranlables. Et ce genre de personnages à double facette offre une multitude de façons de réagir qui peuvent renverser l’histoire, la faire avancer ou évoluer. Loin d’être une caricature des personnages masculins tiraillés entre leur façade de bonhomme et celle d’homme tendre, Michael a été obligé de se forger ainsi et son histoire est aussi glaçante que fascinante. Sa force, son caractère et sa détermination trouvent leur explication dans la maison de fer. Mais ça, c’est au lecteur de le découvrir…
J’ai été énormément touchée par la relation entre les deux frères, l’un d’une faiblesse bouleversante l’autre d’une protection attendrissante. Leur passé commun a façonné leur relation, ce lien indestructible et si particulier qui va être une sorte de fil conducteur, sera la touche émotion de ce thriller qui ne fait pourtant pas dans la dentelle.
Oui, parfois, il faut s’accrocher parce que certaines scènes relèvent de la torture. Pas la torture gratuite, j’aurais même tendance à penser qu’elle est méritée ou justifiée par l’intrigue. Disons que dans le contexte, elle est acceptable même si l’on assiste parfois à des scènes vraiment sanglantes et douloureuses pour les personnages et parfois pour le lecteur.

Ce livre aurait pu ne jamais voir le jour, l’auteur ayant failli abandonner son écriture. Et cela aurait été bien dommage. Pour ce que j’ai dit avant, mais aussi pour le dernier tiers du bouquin qui fait office de (long) dénouement. John Hart m’a plaquée contre mon fauteuil durant de longues pages, entre révélations fracassantes que l’on ne voit arriver de nulle part et émotions qui m’ont tirée les larmes. Dire et faire ressentir énormément en peu de mots, voilà le plus grand talent de cet auteur qui sait où frapper pour envoyer du lourd et combler ses lecteurs. La fin, elle, boucle un roman haut en couleur, en action et en émotions qui, c’est certain, va me marquer pendant un bon moment.

La maison de fer

2 commentaires sur « John Hart – La maison de fer »

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