David Dolo – Hü

41zmYnrkOwL._SX331_BO1,204,203,200_Francis n’aurait jamais dû descendre de ce train, voilà ce qui arrive quand on sort des rails, il aurait pu rejoindre son bureau comme chaque matin, mais il a voulu faire le malin, bravo, chapeau, il est bien avancé maintenant… Adieu, chère routine… Le voilà qui erre, pauvre bougre, un pied devant l’autre, mais où sont les villes, les gens ? Et ce gamin avec un sac sur la tête, il lui veut quoi au juste ? Oscar qu’il s’appelle. Et lui n’est pas seul, il y en a des tordus par ici… Tout est tellement étrange… Ce que Francis voudrait ? Rentrer. Las, il sera bringuebalé des nues aux ornières au hasard des rencontres, tentera d’échapper à ceux qui le rêvent mort, fuira ceux qui le veulent vivant.


Le lauréat du prix du jury 2018 du concours Les plumes francophones, c’est lui : de David Dolo.
Ce qui m’a intriguée, c’est que concernant ce livre, autant j’ai lu très peu de chose, autant le peu que j’ai lu est très confus… Difficile de savoir ce qui se cache derrière cette couverture, d’autant plus que le résumé ne dit pas grand-chose. Voire rien du tout. Mais c’est quoi finalement ce livre ?

(Edit : la quatrième a été modifiée et possède désormais un vrai résumé, mis à jour en début de chronique.)

C’est l’histoire de Francis, de son boulot dans la grande distribution, de sa femme Daphné qui le déteste, de sa routine, de sa vie. C’est l’histoire d’un trajet en train, le même depuis dix ans, censé conduire Francis à son travail, qu’il va finalement finir à pied. Un trajet qui, en réalité, ne sera pas le même que celui qu’il a fait durant toutes ces années.
En cours de route, le train s’arrête, Francis descend pris de panique à cause de la chaleur et des gens, puis le train redémarre. Sans lui. Francis sait que le terminus n’est pas loin, très proche même : à pieds, c’est faisable. Alors il marche toujours tout droit, pendant des heures. Et puis rien, si ce n’est le néant, un paysage désertique sans vie. Alors, courageux mais anxieux, Francis fait demi-tour, marche de nouveau durant des heures pour revenir d’où il vient afin de retrouver sa maison et sa femme qui le déteste, mais tant pis, tant qu’il est chez lui. Mais le monde qu’il a connu a disparu. Plus un immeuble, plus un Homme, plus une vie, que des plaines et la forêt à perte de vue. Le long de la voie ferrée, il rencontre un gamin, un sac lui recouvrant la tête qui lui attache les poignets et lui enfile une tête de cheval. Le calvaire peut commencer.

Ce livre est totalement barré. Dur, noir et tout aussi touchant, mais barré. Le gamin que Francis va rencontrer va le plonger dans une histoire et une situation à peine croyables, dont on rirait probablement si l’auteur nous racontait son pitch vite fait, mais qui en fait se lit très bien et se vit encore mieux, alors qu’on croirait presque que nous sommes en train de rêver, que notre cerveau nous joue des tours, qu’il assemble tous les souvenirs de notre journée pour nous fabriquer une histoire déjantée. Par le talent, j’imagine, David Dolo m’a emportée dans son histoire comme s’il s’agissait d’une intrigue banale, alors que… il s’est passé quoi dans la tête de ce Monsieur ?
Les personnages aussi attachants que perchés m’ont offert un voyage dans l’imaginaire, loin de ce que j’ai l’habitude de lire. Il a fallu que j’accepte d’être transportée dans un genre littéraire que j’appréhende : la fantasy, ainsi qu’un univers que je ne connais pas : celui de l’auteur. Mais finalement ça n’a pas été si difficile que ça. Pas du tout même. Et j’y ai pris tellement de plaisir que je n’aurais jamais voulu que ce livre s’arrête. D’ailleurs, j’aurais apprécié un chapitre de plus, ou le dernier plus long avec un épilogue plus détaillé, parce que je trouve que la façon dont on quitte Francis est un peu brutale. Son avantage est que j’ai pu moi-même imposer le futur que je voulais à ce personnage si troublant, qui en a quand même bavé pendant tout le roman.

Ce livre est génial ! Il est prenant, passionnant, très visuel et malgré son côté déjanté, il est beau. Beau dans ce qu’il raconte à travers ses personnages et son côté très imaginaire. Il est parfois drôle et touchant voire émouvant, les personnages parfois fous ou attendrissants, naïfs et crédules, méchants et violents. Tout se côtoie, mais tout se marie, c’est très bien raconté et écrit, il y a de la matière et beaucoup d’originalité (barrée).
Seuls bémols, quelques coquilles, des oublis de mots, et un manque de virgules en ce qui me concerne, mais franchement rien de grave, pas au point de me faire hurler. Une petite relecture serait la bienvenue pour corriger les quelques coquilles qui traînent ici et là, c’est tout.
Pour le reste, je vous invite à découvrir ce livre totalement atypique et original, porté par un style qui se laisse avaler et qui m’a poussée à dévorer cette histoire aussi incroyable que folle.

Hü sur Amazon

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