Adeline Dieudonné – La Vraie Vie

51imHdd8w6L._SX363_BO1,204,203,200_.jpgLe Démo est un lotissement comme les autres. Ou presque. Les pavillons s’alignent comme des pierres tombales. Chez eux, il y a quatre chambres. Celle du frère, la sienne, celle des parents. Et  celle des cadavres. Le père est chasseur de gros gibier. Un prédateur en puissance. La mère, est transparente,  amibe craintive, soumise à ses humeurs. 
Avec son frère, Gilles, elle tente de déjouer ce quotidien saumâtre. Ils jouent dans les carcasses des voitures de la casse en attendant la petite musique qui annoncera l’arrivée du marchand de glace. Mais un jour, un violent accident vient faire bégayer le présent. Et rien ne sera plus jamais comme avant. 


Franchement pas attirée par la couverture (première et quatrième), j’ai quand même mis mes a priori de côté, grâce aux retours plutôt positifs voire élogieux à l’égard de ce livre sur les groupes Facebook. Je n’avais pas d’attentes et je ne peux donc dire être déçue.

La Vraie Vie raconte l’histoire d’une famille dont on sait très peu de chose finalement. Il y a la narratrice dont on ne connaîtra jamais le prénom, son père qui dirige la famille d’une main de fer, sa mère totalement transparente et son petit frère, Gilles, avec qui elle a une relation privilégiée et touchante. Un drame va faire éclater cette relation et détruire l’âme d’enfant de Gilles jusqu’à le transformer en quelque chose de bien plus sombre. La narratrice ne vivra désormais que pour ramener son petit frère, persuadée qu’il est toujours là, au fin fond de son âme.

Globalement, j’ai trouvé La Vraie Vie très linéaire , que cela concerne l’histoire ou le style.
Une écriture que je qualifierais de « style par défaut ». L’idée, c’est d’imaginer un traitement de texte qui impose une police d’écriture à chaque fois que l’on s’en sert. Et bien là c’est pareil avec le style de l’auteure. Un style simple, qui n’a aucune forme de fantaisie, qui ne cherche pas à se démarquer par un détail original et qui, au contraire, pourrait ressembler à celui d’autres livres dont le style par défaut est également utilisé. Souvent, je le trouve dans les romans que je prends sur la table centrale du rayons Livres de mon supermarché : ceux mis en avant. Et les similitudes ne s’arrêtent pas là, puisque même critique faite à certains autres livres du même genre, La Vraie Vie balaye son histoire.
Ce livre est en réalité une suite d’anecdotes de la vie de la narratrice qui, si elle raconte quelque chose, se contente d’effleurer la surface de l’intrigue alors qu’il aurait pu y avoir une vraie profondeur dans la souffrance et la métamorphose du petit frère, la violence du père et le détachement de la mère. Il y a très peu d’instants plus poignants ou touchants que les autres. Linéaire. Tout est au même au niveau, et j’ai d’ailleurs lu sans intonations, ce qui est assez rare. Il y a toujours un instant plus tragique ou bouleversant dans un bouquin, et ça n’a pas du tout été le cas ici.
Pour autant, cela ne veut dire que je n’ai rien apprécié dans ce livre. Je l’ai lu entièrement et la lecture a été agréable quoiqu’un peu rapide. La narratrice m’a touchée par son innocence et son humanité, alors que son père m’a dégoûtée par sa violence et que sa mère m’a fait râler à cause de sa passivité. Quant à son petit frère, il m’a fait autant de peine qu’il m’a intriguée, son comportement étant parfois inquiétant. Pareil pour l’histoire. Elle ne raconte rien de profond, est même parfois dérangeante, et même si la fin est très prévisible, elle raconte quand même quelque chose qui ne me laisse pas indifférente. La psychologie des personnages n’est pas non plus très développée, mais il y a assez de matière pour au moins garder le lecteur. Suffisant, ou pas, pour en faire un livre marquant, telle est la question.

En ce qui me concerne, clairement non. Ce livre n’a pas assez de profondeur pour pouvoir me parler et me toucher au point de rester en moi et résonner. J’ai eu beau suivre avec intérêt le récit de la narratrice, ça n’aura pas suffi. Il y a trop de passages où j’ai regretté que l’auteure ne s’attarde pas ou n’aille pas plus loin dans la psychologie ou les émotions.
De plus, j’ai franchement du mal à avaler cette histoire de chasse et de trophées. Ce genre de chasses demandent à voyager et est surtout un budget. Budget dont la famille ne semble pas disposer. Enfin, l’histoire est quand même un peu clichée. Un père tyrannique, mauvais et méchant, qui boit devant sa télé et a un ascendant psychologique sur sa femme. Femme totalement transparente et qui n’est que fantôme durant presque tout le roman, bouffée par la présence du mari. Une enfant qui intellectuellement est au-dessus de la famille mais totalement exclue par son père et son frère parce qu’elle est une femme, et un fils qui suit les traces de son père. Sans compter tous les autres clichés utilisés pour construire cette famille et sa vie, qui, finalement, ressemblent à beaucoup d’autres.

La Vraie Vie est le genre d’histoire qui ne me surprend pas et qui, malheureusement, dans le cas de ce roman, n’apporte pas sa petite pierre d’originalité au grand édifice qu’est le drame familial.

La Vraie Vie

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