Douglas Kennedy – La symphonie du hasard Livre 3

51oeJ7Az5uL._SX311_BO1,204,203,200_On ne peut jamais vraiment prévoir l’avenir ni savoir ce qui nous attend. On peut échafauder des projets, entretenir des espoirs. Mais la symphonie du hasard égrène toujours ses notes, et ses variations incessantes nous rappellent que tout ce que la vie a d’intéressant, de bon, de merveilleux, sera éternellement contrebalancé par le mauvais, le tragique, l’effroyable. C’est le prix à payer pour ce cadeau extraordinaire qui nous est fait : l’absence de certitudes… Sinon celle, absolue, que la présence de chacun de nous dans cet espace grand ouvert touchera un jour à sa fin.
Mais pour ceux d’entre nous qui sont toujours là, sur le chemin, que dire de ce qui nous attend ? Quels mots suffiraient à résumer ce qui s’étend devant nous ?


Après la déception du livre 2, je dois avouer avoir commencé le livre 3 aussitôt, avec comme objectif de me débarrasser de cette saga, comme on se débarrasse d’un mauvais souvenir.

De façon générale, La symphonie du hasard n’est pas une série qui marque par sa profondeur. Si l’on s’attend, comme la quatrième de couverture le promet, à une fresque d’une ampleur inédite et qui couvre vingt ans d’histoire américaine on peut sincèrement vite déchanter. Je pense qu’en ce qui concerne la fresque d’une ampleur inédite, dans la littérature, on peut trouver mieux et plus approfondie. En d’autres termes, il ne faut pas aborder cette saga dans l’espoir de ressortir grandi en ce qui concerne l’Histoire américaine, même si le livre 1 était plein de promesses. Je pense qu’il faut aborder ce livre comme l’histoire d’une jeune fille et de sa famille typiquement américaine, qui souffre et endure, qui vit tout simplement. En trois mots comme une saga familiale. Peut-être y a-t-il un contexte historique particulier mais cela reste très secondaire. Peut-être manque-t-il un peu de présence pour donner plus de consistance à l’ensemble d’ailleurs. C’est en tout cas mon ressenti.

Ceci étant dit, le livre 3 relève tout de même le niveau de son prédécesseur, et c’est tant mieux. Nous quittons l’Irlande dont nous avons appris trop peu de choses à mon avis, pour replonger dans un quotidien américain et familial compliqué. Alice a enfin terminé ses études et il était tant, ça commençait à devenir un peu long. Désormais, la jeune femme est majeure et occupe un poste d’enseignante. Et si Jo Rouxinol a bien mieux traité les conditions des enseignants et des élèves dans son livre Le carnaval des illusions que je recommande chaudement, Douglas Kennedy arrive à me faire entrer dans ce monde fait de douceur mais aussi de violence. J’ai pris plaisir à accompagner Alice dans sa nouvelle vie après le terrible drame de la fin du livre 2. Ses émotions et ses ressentis ont renforcé mon empathie à son égard, empathie qui s’était envolé avec le livre précédent tant il était vide et mou. Ici, la détresse du personnage, sa douleur et sa souffrance nous touchent un minimum et c’est ce qui m’a fait entrer dans ce troisième et dernier (?) tome. J’ai retrouvé la petite Alice touchante et battante du premier livre et je l’ai accompagnée avec plaisir dans son univers scolaire et finalement, j’ai retrouvé une copine !
Sortie de son cadre d’enseignante, c’est dans le monde de l’édition qu’Alice va mettre un second pied dans la vie active. Et c’est également l’occasion pour l’auteur d’ouvrir à nouveau un chapitre du livre 1 : l’homosexualité, mais cette fois-ci fin des années 70 et début 80 avec l’apparition du sida. Et là, je retrouve la magie du livre 1, plongée dans cette Amérique que je ne connais pas avec la sensation d’apprendre et vivre des choses.

En revanche, point de surprise dans la trame, globalement elles se ressemblent toutes : Alice dans une nouvelle ville, avec de nouveaux gens qu’elle apprend à connaître, un nouveau mec on n’y échappe pas, des personnes qui surgissent du passé et avec en toile de fond, ce fameux hasard qui fait parfois bien les choses, et parfois pas. À la différence près que le retour de la famille d’Alice dans ce livre redonne un peu de rythme à l’intrigue. À la seconde différence près que le contexte scolaire du début crée de la matière, des émotions et du rythme, et que le monde de l’édition prend très bien le relais en entraînant le lecteur derrière le rideau pour se faufiler dans les bureaux des éditeurs. Et oui, cette fois-ci j’ai vraiment eu l’impression de lire une histoire ce qui n’avait pas du tout été le cas avec le livre 2. Les personnages qui gravitent autour d’Alice ne tombent pas du ciel et sont en lien direct avec le cadre ; le hasard qui arrange bien les choses et surtout l’auteur est beaucoup moins présent et franchement, ça redonne à l’histoire un intérêt et un peu de fraîcheur.

En quelques mots j’ai pris beaucoup de plaisir à lire se livre et la saga (sauf le livre 2). Je me suis laissée porter par l’histoire riche en matière mais qui, je pense, aurait pu être un peu plus approfondie, beaucoup plus touchant.
Un troisième livre qui clôt tout de même cette saga familiale de façon satisfaisante, confirmant que chez les Burns, rien n’est jamais facile ou gagné d’avance. La fin semble tout de même annoncer une suite, nous verrons bien !
Une série à découvrir si l’on veut flâner dans les rues, les familles et les bars américains et irlandais, accompagner un personnage de ses études jusqu’à l’âge adulte période bercée par les frasques familiales dont le plus gros drame survient en fin de saga. Mais clairement si l’on recherche de la profondeur, de la dénonciation, ou de l’Histoire, il y a sûrement mieux. Il y a forcément mieux.

La symphonie du hasard Livre 3

Dans la même série :
La symphonie du hasard Livre 1 (chronique)
La symphonie du hasard Livre 2 (chronique)

2 commentaires sur « Douglas Kennedy – La symphonie du hasard Livre 3 »

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