Douglas Kennedy – La symphonie du hasard Livre 2

51IvYVXF+lL._SX311_BO1,204,203,200_.jpgFresque à l’ampleur inédite, La Symphonie du hasard couvre vingt ans d’histoire américaine. Dans le bouillonnement social, culturel et politique des sixties-seventies, de New York à Dublin en passant par l’Amérique latine, un roman-fleuve, porté par un souffle puissant. Pas évident d’échapper à sa famille, a fortiori quand cette dernière est en conflit permanent, avec une fâcheuse tendance à se mettre dans des situations compliquées. Alice Burns, elle, a choisi une solution radicale : mettre un océan entre elle et les siens et poursuivre ses études en Irlande. 
D’abord déstabilisée par l’accueil quelque peu revêche des Dublinois, elle se surprend à prendre goût à une existence simple, plus sereine. Et sa rencontre avec Ciaran pourrait même lui laisser entrevoir la possibilité d’une autre vie. 
Mais alors que résonnent les premiers échos des exactions de l’IRA, voici que resurgit une vieille connaissance, et avec elle un passé qu’Alice aurait préféré oublier à jamais… 


Difficile période pour ce qui est de la lecture. Tout ce que je commence ne m’emballe pas et pourtant, j’ai choisi d’au moins finir un de ces livres commencés. Peut-être parce qu’il était le pire de tous. Peut-être parce que Douglas Kennedy m’a franchement saoulée et que j’avais envie de le dire. Encore faut-il avoir terminé un livre pour en parler de façon négative et éviter que l’on me tombe dessus…
L’an dernier, en décembre, j’avais plutôt été emballée par le livre 1 de La symphonie du hasard. Aujourd’hui, je le suis beaucoup moins avec le livre 2.

Métro, boulot, dodo, sans le métro ni le boulot.

La première moitié du livre a été laborieuse à souhait. Avec ce que je ne connais pas, je suis rarement difficile, bien au contraire, je m’émerveille pour pas grand-chose, je l’avoue, parce que je découvre.
Je ne connais pas plus que cela Douglas Kennedy, pas plus que les années 70 en Amérique (livre 1) et en Irlande (livre 2). Je me suis émerveillée la première fois et j’aurais franchement pu le refaire. En un sens je l’ai fait, puisque j’ai découvert l’Irlande et surtout, les façons d’être et de vivre des Irlandais, atypiques et surprenantes. J’ai été ravie de retrouver Alice Burns, l’héroïne de cette saga que l’on suit depuis le début du livre 1 et à laquelle je me suis attachée. Dans ce livre 2, après avoir quitté son Amérique sur un coup de tête pour fuir ce qui la ronge (sa famille notamment), c’est en Irlande que nous la retrouvons, là où elle doit poursuivre ses études. Problème, parce que la jeune fille débarque en cours d’année, il a été impossible de lui trouver une chambre sur place. Résultat, Alice se retrouve à crécher chez une vieille bique aux règles strictes et d’un autre temps. Alice prend alors la décision de se trouver un appartement pour pas cher.

Et voilà en quoi consiste toute la première partie du roman : rencontrer des gens tout à fait par hasard (d’où le titre de la saga que je trouve bien trouvé pour ça) qui guideront Alice vers le logement de ses rêves : une chambrette pourrie qu’elle doit rénover elle-même. Passionnant, pas vrai ? Mais heureusement, pour contrer ce manque évident de substance dans l’intrigue, Douglas Kennedy a le remède idéal : faire sombrer son héroïne dans un profond sommeil toutes les 40 pages à cause du jet lag. Oui, alors, pour le prochain livre, il existe un équivalent français pour le terme jet lag, ça s’appelle le décalage horaire. Voilà, voilà. Et quand ça n’est pas le jet lag, ce sont les dizaines de Guinness et les histoires d’argent (je te loue ou te vends ça pour tant) qui viennent habiller l’histoire comme s’il s’agissait de signes de ponctuation. Passionnant…
Bref, pirouettes de l’auteur sacrément intelligentes (vous la sentez l’ironie ?) mais totalement chronophage rendant l’histoire encore plus soporifique. Un régal pour le lecteur qui a mis 22,90€ dans un livre et qui se retrouve avec un somnifère. (Je lève la main.) Ça fait cher le cachet quand même…

Bonjour, je m’appelle Dory !

Bon là, je ne peux pas jeter la pierre à l’auteur, encore que. J’ai lu livre 1 l’an dernier, en décembre et depuis, des livres j’en ai lus. Des dizaines d’histoires et de personnages ont défilé devant mes yeux et dans ma tête et, si une suite n’est pas censée répéter tous les faits du tome précédent, parfois les auteurs glissent un résumé succinct et très bien dissimulé dans l’histoire. Ici, Alice raconte en effet ses péripéties du livre 1 à certaines personnes qu’elle rencontre mais jamais l’auteur (ou Alice) ne rafraîchira clairement la mémoire du lecteur qui, comme moi, oublie assez vite les choses. On se contente d’un bref « elle raconta tout ce qu’elle avait vécu avant de débarquer en Irlande » (mieux dit que cela, c’est tout de même Kennedy qui a écrit le bouquin). Du coup quand un personnage refait surface ou que l’on parle de quelqu’un apparu dans le livre 1, je suis paumée. Ça n’est clairement pas le ressenti le plus agréable au cours d’une lecture mais peut-être est-ce de ma faute. J’aurais sûrement dû prendre le temps de relire le tome 1, mais soyons honnêtes, si on fait ça avec chaque série, on n’est clairement pas sortis.

J’fais des trous, des p’tits trous encore des p’tits trous. (Le poinçonneur des lilas – Serge Gainsbourg)

Je ne me suis certainement pas laissée abattre par ces quelques 150 premières pages totalement vide de contenu. Ça serait mal me connaître ! J’ai un petit côté très et trop naïf qui me pousse parfois à aller au bout des choses, au cas où j’aurais une belle surprise. Naïf ou complètement débile, vous choisissez 😉 Parce que clairement, il ne se passe rien ! Le livre 2 se vautre royalement là où le livre 1 avait excellé : raconter du rien et du banal en le rendant beau et intéressant. Parce que la première fois, Douglas Kennedy avait au moins dépeint l’Amérique et j’avais appris des choses. Le quotidien d’Alice, bien que peu intéressant parce que les journées d’une étudiante ne sont pas hyper passionnantes, m’avait tout de même beaucoup plu grâce au fond de l’histoire et à l’Histoire. La multitude des sujets abordés et la vision sur certains aspects de la société à cette époque étaient passionnantes. L’histoire de famille d’Alice, compliquée et souvent déchirante, avait apporté avec elle une flopée d’émotions que Douglas Kennedy avait brillamment retranscrites. Le livre 2 n’a rien de tout cela, il n’a carrément rien du tout.
Je me suis acharnée sur ce livre 2 en espérant qu’une fois la chambrette rénovée ou pendant qu’elle est rénovée, l’histoire avance et que l’auteur me mette quelques coups de poings et arrête de s’enfoncer en creusant sous ses pieds. Remarquons tout de même que creuser dans le néant est un exercice difficile.
Mais malheureusement, l’histoire ne va pas plus évoluer que ça. L’intrigue va rester plate et sans rythme quasiment jusqu’à la fin, ne réussissant à captiver ma curiosité et mon intérêt qu’à de rares instants brefs avec des tentatives de suspense en fin de chapitre rarement réussies.

Parlez-moi d’amour, redites-moi des choses tendres. (Parlez-moi d’amour – Lucienne Boyer)

Parce qu’un peu de niaiserie ne fait jamais de mal, on tombe dans le romantisme à la fin du roman, histoire de boucler la boucle et de bien me faire râler jusqu’à la dernière ligne. Et bah non ! Les cinquante dernières pages de ce livre rattrapent tout le reste. Enfin l’auteur nous raconte (un peu) l’Histoire de l’Irlande du Nord. Enfin le lecteur est confronté à l’horrible et violente réalité. Enfin Douglas Kennedy pimente son intrigue d’un peu d’émotion pour s’offrir une fin qui, même si elle était ultra prévisible, m’a fait un peu moins regretter d’avoir déjà acheté le livre 3…

Stop ou encore ?
S’il n’y avait pas eu ces cinquante dernières pages, j’aurais certainement mis en vente les trois livres sans ne jamais connaître la fin, fatiguée par tant de vide qui, étonnamment, rempli parfaitement le livre 2. Peut-on qualifier cela de prouesse ?
Malgré l’enthousiasme général vis-à-vis de ce livre 2, j’ai également lu qu’il était le moins bon de la trilogie. Voilà qui me rassure. Une raison de plus pour ne pas abandonner aussi vite. Et puis qui sait ce que me réserve le livre 3 😉

La symphonie du hasard livre 2
Dans la même série :
La symphonie du hasard livre 1 (chronique)
La symphonie du hasard livre 3 (chronique)

 

 

3 commentaires sur « Douglas Kennedy – La symphonie du hasard Livre 2 »

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s