Raphaël Grangier – Ils vont tous mourir

51-6PfHr-GL._SX331_BO1,204,203,200_Juillet 86, dans le nord du Périgord. Une saison particulièrement chaude. La famille Rougier a quitté Revel en Haute-Garonne pour se balader près du saut du Chalard et résider, le temps des vacances au camping du Château Le Verdoyer. Ces congés d’été iraient pour le mieux, si les enfants, adeptes de jeux près des bassins, ne disparaissaient pas tour à tour sans que nul ne s’en aperçoive. Guillaume Dubreuil, jeune commandant du COB de Nontron prend l’enquête à bras le corps, mais les investigations, ici, dans ces terres de taiseux et de chasseurs, n’ont rien à envier à celles qu’il menait en région Parisienne. Pour autant, certains individus s’étaient tristement fait remarquer par le passé. Des battues sont organisées ; des survols en hélico. Même les truffes des chiens de l’équipe cynophile ne détectent rien. Et plus les jours passent, plus les enfants s’évanouissent sans qu’aucun des gendarmes ne parvienne à trouver la moindre trace probante. Le contact surprenant de Raphaël Langlois, journaliste au quotidien Sud-Ouest pourrait bien débloquer l’enquête. À moins que…


Munie de ma dernière expérience littéraire avec Raphaël Grangier, Candirus, j’ai commencé la lecture de Ils vont tous mourir avec quelques appréhensions. La première fois, j’avais beaucoup aimé l’histoire dont j’avais souligné l’originalité, mais avais été plus dure concernant le style.
Si quelques coquilles et fautes de frappe ont échappé à la correction ; si certains signes de ponctuation se sont fait la belle et si quelques tournures de phrase auraient probablement mérité d’être remaniées afin qu’elles soient moins lourdes ou maladroites, il y a tout de même eu une certaine évolution dans le style et je dois avouer avoir été assez surprise par le prologue.

Pourtant, ce n’était pas le style qui m’inquiétait le plus. Ce qui me faisait tant douter, c’était la quatrième de couverture. Oui, c’est fatigant d’être chiante 😀

Ce résumé révèle trop la trame de l’intrigue et je m’en doutais fortement. Quand une quatrième raconte déjà une histoire, soit c’est que l’intrigue est très très riche, soit que la quatrième spoile la moitié du bouquin. Et là, elle spoile la moitié du bouquin… mais pas tous les pans de l’histoire, c’est probablement ce qui sauve le tout.
J’avais donc imaginé que l’auteur allait présenter la famille qui part en vacances, se servant d’elle comme d’une excuse pour présenter le lieu de l’intrigue. Et c’est exactement ce qu’il s’est passé. Le choix n’est pas plus mauvais qu’un autre, je ne vois même pas ce qu’on pourrait lui reprocher, et pourtant, j’ai trouvé la mise en place de l’intrigue très longue. Presque un tiers du livre est consacré à cette famille que l’on abandonne d’un coup sec, comme la quatrième le laissait présager. Et en tant que lectrice, ce qui m’intéressait le plus dans cette quatrième, c’était la disparition des enfants et l’enquête. Du coup, un tiers du livre à ne parler que d’une famille, d’un camping et du paysage, je me suis ennuyée. Mais pas que.
Peut-être l’auteur a-t-il trouvé la parade pour garder les lecteurs comme moi, en insérant dans son récit une histoire parallèle, qui n’a absolument rien à voir avec la première. Nous suivons, en même temps que la famille Rougier, l’histoire de Simon Gabin dit Gabilou et son père, Jean-Louis Gabin, un paysan qui gère agriculture et vaches. Simon semble être un garçon perturbé qui attire irrémédiablement le lecteur parce que dès le début, il fait office de coupable idéal. Pour tout. Et c’est ce personnage au comportement étrange qui va me séduire et m’aider à boucler le premier tiers du bouquin.
Puis viennent les disparitions d’enfants au camping, l’introduction de Guillaume Dubreuil puis de Raphaël Langlois, et là aussi, j’avais peur. Les intrigues policières avec le journaliste fouille-merde ou qui, comme par hasard, a plus d’informations que les flics et résout l’affaire à lui tout seul, je connais. Je connais et ça me saoule… Parce que dans ce genre de romans, on ferait passer les flics pour des incapables et les journalistes pour des enquêteurs hors pair, et ça m’agace. Ici, c’est bien différent. Le journaliste découvre des choses, mais soit par hasard, soit parce qu’il cherche vraiment et pour cause, il a une sacrée raison de le faire. Il tient, tout autant que Dubreuil, à arrêter la personne qui enlève les enfants. Le duo fonctionne bien, chacun reste à sa place et la complémentarité est certaine.

Je me suis régalée à suivre l’enquête et ces deux derniers tiers du roman qui mettent en scène plusieurs personnages et point de vue ; celui de Dubreuil et Langlois, celui des enfants enlevés qui, pour une fois, ne sont pas absents de l’intrigue, mais participent, et enfin le point de vue du kidnappeur. L’intrigue est riche, propose divers pans qui permettent au lecteur de faire des pauses soit dans l’enquête, soit dans le côté plus sombre du roman. La révélation concernant l’identité du personnage kidnappeur, même si cela est très rapide et manque à mon avis un peu de détail et d’explication, fait son effet et surprend.

Comme avec Candirus, j’ai beaucoup aimé l’intrigue qui sort des sentiers battus et offre quelque chose de nouveau et de frais. L’histoire, malgré son sujet, n’est pas si dure que cela même si certaines scènes gores viennent apporter un peu de piment.
Et comme pour Candirus, c’est la forme qui m’a posé quelques soucis, même s’il y a eu une évolution certaine, il reste des petites imperfections qui font grincer des dents.
Une lecture sympathique et un roman policier qui a su doser le pan policier justement à la perfection pour moi. Ni trop, ni pas assez. On se laisse guider par l’intrigue et, de rebondissements en révélations, on se dirige vers le dénouement avec un certain suspense.

Ils vont tous mourir

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