Josh Malerman – Bird Box

51C+LUi0m3L._SX307_BO1,204,203,200_La plupart des gens n’ont pas voulu y croire, les incidents se passaient loin, sans témoins…
Depuis qu’ils sont nés, les enfants de Malorie n’ont jamais vu le ciel. Elle les a élevés seule, à l’abri du danger, sans nom, qui s’est abattu sur le monde. On dit qu’un coup d’œil suffit pour perdre la raison, être pris d’une pulsion meurtrière et retourner sa violence contre soi. Elle sait que bientôt les murs de la maison ne pourront plus protéger ses petits. Alors, les yeux bandés, tous trois vont affronter l’extérieur, et entamer un voyage terrifiant sur le fleuve, tentative désespérée pour rejoindre une colonie de rescapés. Arriveront-ils à bon port, guidés seulement par l’ouïe et l’instinct ?
Un climat de tension habilement instauré, qui vous fera sursauter au moindre bruit. 


Je ne suis pas une inconditionnelle du post-apocalyptique. Loin de là. J’ai même tendance à me tenir éloignée des œuvres qui traitent les zombies (parce que j’ai toujours tendance à comparer avec « The walking dead » que j’adore), le virus qui décime la population, la météorite qui percute la Terre et tout ce qui décime la population (pas que le post-apo donc, mais c’est ma référence pour parler de façon générale et faire court, ce qui ne sert à rien puisque ça devient long). Bref, je ne sais pas me laisser porter par ce genre d’histoires, la plupart du temps pas assez approfondies pour moi. Et quand ça n’est pas l’histoire qui manque d’explications, se sont les personnages qui sont transparents.

Je reste néanmoins curieuse lorsqu’on met en scène des créatures/bestioles ou phénomènes étranges dont on ne connaît ni l’origine, ni les effets et encore moins le but. Parce qu’étonnamment, je pourrais presque croire qu’un jour, une créature dégueulasse frappera à ma porte et que son unique but sera de me buter. Enfin je doute qu’elle frappe avant d’entrer…
Mais comme je reste curieuse, je me suis récemment penchée sur le film « Sans un bruit » qui a été, avec « Veronica », le film qui m’a le plus déçue cette année. Le sujet de base est intéressant, le synopsis aussi, on se dit qu’il y a matière à faire, et puis, oui le sujet est traité mais : c’est tout ? Tout ça pour ça ?

Suite à mon retour sur ce film, une auteure m’a conseillé de me pencher sur Bird Box. J’en avais entendu parler mais n’avais jamais franchi le pas. Jusqu’à aujourd’hui.

Personne n’y comprend rien. Personne ne sait ce qui se passe. Les gens voient quelque chose qui les pousse à blesser autrui. À se faire du mal.

Bird Box ne raconte pas seulement le voyage qu’entreprend Malorie avec ses deux enfants. Son but ultime est d’emprunter la rivière pour rejoindre un endroit qui la mettra elle et ses petits, en sécurité. Mais ce pan de l’histoire est très secondaire. Presque inexistant. Il tient en quelques pages seulement et est distillé ici et là dans le roman. Entre chaque chapitre qui raconte le voyage et les péripéties de la famille, on a une seconde intrigue qui narre tout ce qu’il s’est passé avant que Malorie se décide à partir, soit quatre ans et demi de sa vie. Des prémices de la catastrophe jusqu’au bout de son voyage sur la rivière, presque tout est dit et c’est ce qui m’a énormément manqué dans « Sans un bruit » qui démarre avec l’idée que les bestioles qui sont dehors est un fait acquis, une situation déjà installée, sans rien nous dire ou presque pas.

On remonte à l’instant où Malorie apprend qu’elle est enceinte alors même que les premiers cas de folie sont identifiés à travers le monde. Pendant que certains élaborent des théories en tout genre pour expliquer ce phénomène, d’autres prennent vraiment cela au sérieux. Comme ça se passerait probablement si demain ce genre de chose devait arriver.
Et lorsque le monde prend ses allures de catastrophe et que le danger est enfin sous les yeux de tout le monde, que tout ceci n’est plus une théorie mais un fait avéré, Malorie n’a d’autre choix que d’apprendre à survivre dans le noir parce que regarder, c’est mourir. Et c’est au sein d’un groupe qu’elle le fera et en notre compagnie aussi.

Ce que j’ai adoré dans ce livre, c’est apprendre les choses au compte-gouttes comme les personnages : être à l’affût des moindres bribes d’informations qu’un journaliste donnerait à la radio ; découvrir un peu par soi-même l’effet des créatures et comment l’éviter ; apprendre à survivre en changeant ses habitudes, en revoyant ses priorités et en apprenant à vivre avec les autres en ne se considérant plus comme individu mais comme groupe ; développer son ouïe parce que la vue ne nous est plus d’aucune utilité, pire elle nous tue.
Il y a donc un côté survie post-apocalyptique très développé dans ce roman qui aurait pu me déplaire parce que ça n’est pas toujours ma tasse de thé. Tout dépend comment l’histoire est traitée. Bird Box a sensiblement quelque chose de différent, au moins dans la manière de le raconter. Je crois aussi que l’alternance passé et présent, et l’intrigue qui joue donc sur deux tableaux a beaucoup aidé étant une inconditionnelle de ce genre d’histoires. Et puis, les personnages.

Le groupe dans lequel Malorie évolue a aussi une responsabilité dans le fait que j’ai aimé cette histoire. Tous les personnages ont quelque chose de touchant et de profondément humain. Leurs défauts les rendent encore plus authentiques, sans que les traits soient forcés ou clichés. J’ai beaucoup aimé la façon de faire des survivants. Et si le groupe m’a beaucoup plu, Malorie, elle, est un personnage qui restera longtemps dans mon esprit. Touchante et douce, déterminée et courageuse, cette femme force le respect et l’admiration. Ce qu’elle est et ce qu’elle a vécu, son statut de mère également invitent à la compassion ce qui fait d’elle un personnage très attachant. Et surtout, le lecteur assiste à son évolution et à la manière dont elle apprend à vivre dans ce nouveau monde qui demande à l’humain de s’adapter. La jeune femme fragile s’endurcit avec le temps et c’est plutôt bien retranscrit tout au long de l’histoire.

Pour ce qui est de la promesse de la quatrième de couverture : Un climat de tension habilement instauré, qui vous fera sursauter au moindre bruit et bien promesse tenue dans mon cas ! L’auteur met en place l’ambiance du bouquin dès le début mais en douceur : la tension monte un peu plus à chaque nouveau chapitre. Finalement on se retrouve à agir et réagir comme les personnages entre respirations qui se coupent ou s’accélèrent, angoisse et panique, on redoute les créatures, on ferme les yeux (véridique et pas pratique pour lire, je le conçois) et on est dedans. J’ai été dedans et j’ai adoré tous les petits détails qui font de cette histoire, une intrigue originale et surprenante.
La fin a été critiquée par certains lecteurs, en ce qui me concerne, je l’ai beaucoup aimée. Bien sûr c’est sûrement facile et on aurait pu faire quelque chose de bien plus original et surprenant… Mais finalement je me dis qu’après tout ça, c’est mérité.

Bird Box

3 commentaires sur « Josh Malerman – Bird Box »

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