Laurence Martin – L’eau de Rose

518pV+JEskL« Elle me pointe un petit carnet qui gît le long du caniveau et murmure : 
– Dites-leur pour moi que je les aime. 
Je demande :
– À qui ? 
Elle convulse. 
Je pleure.
– À qui ? 
Elle est partie. 
La femme qui sortait du cimetière est venue mourir dans mes bras… Je souffle « Je le leur dirai » comme une promesse indestructible. 
Rose ne sait pas que cette promesse va bouleverser son existence. 
Au fil des pages de ce carnet, elle remettra en question sa solitude. Elle ira chercher ses réponses, contestera les lois familiales qui érigent le silence sur sa mère disparue il y a vingt ans. Elle apprendra combien la vie peut être belle et l’amour un nouveau départ. 
Mais, quand l’adversité s’entête, la peur reprend parfois ses droits et la mort ses prérogatives. 
Rose trouvera-t-elle sa vérité ? Osera-t-elle enfin le bonheur ? »


Ce qui m’a fait craquer pour ce livre ? Un retour spécifique ? sa couverture peut-être ? le fait que le roman n’était disponible qu’auprès de l’auteure elle-même ? Tout. Ou rien. Ce roman ne m’était pas destiné, il n’entre dans aucune de mes cases. Celles que je coche avant d’ajouter un livre sur une liste. Des cases imaginaires qui n’existent que dans ma tête mais qui me rassurent pour ne pas m’éparpiller, ne pas me perdre dans mes achats et crouler sous une pile à lire, une liste à acheter, des auteurs à découvrir. Je trie. Mais un petit est passé entre les mailles du filet : L’eau de Rose.
Et alors, tel un diamant, il a brillé alors que les livres défilaient sous mes doigts, tous prêts à se faire dévorer. On m’a un peu poussée, c’est vrai. Il n’était pas mon choix premier, mais une charmante lectrice sur le groupe Nos plus belles lectures, m’a hurlé à l’oreille que je devais lire ce livre. Alors il a brillé. Je me suis dit que c’était lui. Lui et aucun autre à ce moment précis. C’est comme ça que ça a commencé.

Les mots de Laurence Martin ont aussitôt eu un goût particulier. Ils faisaient mal par leur sens, mais ils étaient enrobés de douceur. Ils fondaient dans la bouche, pétillaient au contact de ma langue et déversaient ce goût sucré qui me faisait m’enfoncer un peu plus dans mon bain de coton. Le cliché par excellence, mais tellement vrai dans ce cas précis. Tellement vrai, et inattendu surtout !
Je n’aime pas que le sang qui gicle et les thrillers haletants. J’aime aussi les textes comme L’eau de Rose, beaux et poétiques, dont l’atmosphère très littéraire pour le coup, m’envoûte sans que je ne m’y attende. Et alors que l’histoire n’a pas encore commencée, que je fais à peine la connaissance de Rose, je suis déjà charmée.

Que le temps a défilé… je n’ai pas vu passer ces dernières vingt-quatre heures trop occupée à me goinfrer de ce roman. L’eau de Rose raconte l’histoire de Rose, de sa sœur Anna, de son père Georges et d’un secret qui entoure la mort de sa mère. Un décès qui a eu l’effet d’un cataclysme et qui a enfermé les membres de la famille dans un silence qui tue chacun d’entre-eux à petit feu. Des non-dits et des rancœurs qui pourrissent la vie de tout le monde, chacun agissant et réagissant à sa façon en ne sachant pas que l’autre souffre aussi. Plus parfois.
C’est l’histoire de Rose qui, confrontée de nouveau à la mort, va se voir remettre un carnet qui va la ramener à la vie. Les mots déposés dans ce carnet vont lui donner la force et l’envie nécessaires à sa rédemption. La sienne et celle des autres. Et c’est beau. C’est bien dit.

Ce roman déborde de douleur et de souffrance. Qu’on se le dise, on ne passe que des moments à sourire en flottant sur un nuage de douceurs. Oh bien sûr qu’il y a des moments de grâce et de bonheur. Comme dans la vie en fait ! Mais la vie n’a pas que des bons côtés et à l’image de cette dernière, L’eau de Rose nous tiraille le cœur bien souvent, reprenant espoirs, illusions et certitudes aussi vite qu’elle nous a donné l’amour, la sérénité et l’allégresse.
Et Rose. Rose personnage atypique qui hantera mes songes pendant très longtemps. Personnage auquel je me suis trop identifiée, si bien que la lecture a été parfois douloureuse. Non pas que les mots de l’auteure soient insoutenables, mais bien parce que ces mots d’une justesse époustouflante, faisaient échos à ce que j’ai été, ce que je continue d’être et ce que j’ai vécu. Et lorsqu’un auteur est capable d’entrer de cette manière dans nos vies, en nous montrant que finalement : non, tu n’es pas seule à ressentir ça, à avoir peur du monde, de la vie, des autres et de toi… alors c’est comme une bouffée d’air frais qui fait du bien à l’esprit et redonne espoir à quiconque l’aurait perdu, même si pour cela, les mots doivent bousculer notre âme.

Cette expérience de lecture a été très personnelle et très intime. L’histoire de Rose touche forcément d’une manière ou d’une autre mais, peut-être m’a-t-elle touchée plus que d’autres. Se reconnaître parfaitement en un personnage est aussi troublant qu’apaisant et cela rend la lecture forcément particulière. Différente.
Mais après tout, qu’attendre d’autre d’un livre pareil ? Ode à la vie, ode à l’amour, L’eau de Rose est un de ces romans qu’il faut peut-être relire de temps en temps, pour se rappeler et se souvenir…

Aimer, c’est la seule vraie raison qui fait que la vie soit vécue.

Laurence Martin est une auteure que je vais surveiller et suivre. Une auteure à la plume atypique et diablement efficace qui envoûte autant qu’elle touche. Ce roman aussi dur soit-il dans les faits qui racontent la vie, a su être doux et apaisant. Un vrai bonheur !

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