Guillaume Musso – La jeune fille et la nuit

51HjelP2PlL._SX341_BO1,204,203,200_Un campus prestigieux figé sous la neige.
Trois amis liés par un secret tragique.
Une jeune fille emportée par la nuit. 

Côte d’Azur – Hiver 1992
Une nuit glaciale, alors que le campus de son lycée est paralysé  par une tempête de neige, Vinca Rockwell, 19 ans, l’une des  plus  brillantes élèves de classes prépas, s’enfuit avec son professeur  de philo avec qui elle entretenait une relation secrète. Pour la jeune fille, « l’amour est tout ou il n’est rien ».
Personne ne la reverra jamais. 

Côte d’Azur – Printemps 2017
Autrefois inséparables, Fanny, Thomas et Maxime – les meilleurs  amis de Vinca – ne se sont plus parlé depuis la fin de leurs études.  Ils se retrouvent lors d’une réunion d’anciens élèves. Vingt-cinq  ans plus tôt, dans des circonstances terribles, ils ont tous les trois  commis un meurtre et emmuré le cadavre dans le gymnase du lycée. Celui que l’on doit entièrement détruire aujourd’hui pour  construire un autre bâtiment. 

Dès lors, plus rien ne s’oppose à ce qu’éclate la vérité.
Dérangeante
Douloureuse
Démoniaque… 


Récemment, je suis tombée sur une chronique qui m’a fait prendre conscience d’un comportement puéril que j’adopte face aux grands écrivains, connus et reconnus, dont chaque sortie est un véritable succès médiatique ou que l’on annonce comme chef d’oeuvre avant-même la sortie parce que le nom de l’auteur fait la renommée du livre.
Que fais-je donc de si terrible ? Je généralise ces auteurs et gros vendeurs en leur collant une étiquette sur le front, dû à quelques expériences avec des auteurs de leur trempe dont je n’ai pas aimé les écrits. La raison principale qui a fait que je me suis éloignée de ces écrivains au point de ne lire quasiment que des autoédités il y a deux ans, est le côté formaté que je retrouvais dans les différents livres, que cela concerne les dialogues que je déteste tant ou le récit en lui-même et les tournures de phrase. Tout se ressemblait, tout était bien trop lisse et définit comme si l’écriture répondait à des codes spécifiques (ce que je ne cherche absolument pas).

Et puis Aude est arrivée. Qui est donc Aude ? Une amie Facebook que je ne connais pas, admin du groupe BlablaBook (dont je ne fais pas partie) et chroniqueuse. Si j’ai toujours lu ses chroniques sans ne jamais vraiment réagir (je suis plutôt discrète), lorsque j’ai lu celle de La jeune fille et la nuit de Guillaume Musso, j’ai ressenti une sorte d’électrochoc. Dans la première partie de sa chronique, Aude dépeint le portrait des gens comme moi qui critiquent les mastodontes sans trop savoir pourquoi, sans trop connaître leurs univers, sans trop avoir d’arguments. La gifle. Face à cette description si réaliste de moi-même, je me suis sentie si honteuse que, l’après-midi même, je filais me procurer le dernier livre de Guillaume Musso histoire de pouvoir dire « je n’aime pas » avec des arguments valables et solides.

Le souci c’est que la quatrième de couverture m’a fait penser à une trame de thriller mais surtout, Guillaume Musso semble utiliser une construction que j’adore vraiment beaucoup, les deux tableaux passé et présent, l’un rattrapant l’autre. Alors, a priori, pour le « je n’aime pas » on repassera. Parce que de toute évidence ce roman a tout pour me plaire. Et pour être honnête, au début il me plaît. Beaucoup. Le style est très loin de l’image que je me faisais de Musso, avec un style pompeux et un livre ressemblant à un dictionnaire des synonymes. Pas du tout. Au contraire, le style est épuré, le texte fluide, l’écriture presque addictive. En tout cas, elle donne envie de lire. Les chapitres sont courts donnant du rythme au livre qui manque d’action au début – plantage de décor oblige. Bref, il y a de l’intelligence dans la construction pour que le lecteur soit happé et alors, ça fonctionne sur moi.

Il y a deux petites choses qui m’ont chagrinée dans ce livre. La première c’est le personnage principal qui est accessoirement la touche américaine de ce roman (bien que l’auteur ait mis de côté ses décors habituels pour ce livre), et qui a aussi un métier qui m’horripile encore plus que les flics et les gendarmes clichés : l’écrivain à succès. Et pourquoi pas le petit indépendant qui en bave pour se faire connaître ? Et puis l’écrivain qui fait de son personnage un écrivain, ça m’agace. Surtout celui-ci ! Et au-delà de ça, je ne peux encore une fois m’empêcher de bloquer sur ce fait. J’ai l’impression que les écrivains parlent d’eux-mêmes, s’identifient au personnage le créant à leur image en fonction de leur vécu et cela m’empêche totalement d’imaginer ce personnage autre que comme l’écrivain lui-même. Bon le métier de ce personnage là n’est absolument pas le cœur du sujet et est très vite balayé.
Second détail et on va dire que je chipote pour pas grand-chose mais, pourquoi tous les élèves du campus (lieu principal de l’intrigue), aujourd’hui devenus adultes, ont tous réussi et brillamment ? Heureusement que l’intrigue démolie un peu ce côté « vie parfaite » parce que ça aussi, je le retrouvais bien trop souvent dans les livres de certains auteurs.

Bon, voilà. Je n’ai rien trouvé de plus de vraiment significatif dans ce livre pour faire pencher la balance du côté du « je n’aime pas ». Est-ce que je partais réellement avec l’objectif de trouver plein de défauts à ce livre ? Peut-être. Au moins, je n’étais pas confiante et surtout, absolument pas convaincue d’avance. La vérité, c’est que j’ai été prise par ce livre qui a, à mon avis, beaucoup de matière et de rebondissements pour captiver le lecteur. Oui il y a des descriptions vestimentaires de personnages pour dire que bidule porte un jean délavé et un pull à carreaux vert et orange (c’est cadeau) et oui c’est hyper chiant et ennuyant parce que je m’en fiche. Parce que si le pull avait été avec des petites licornes tantôt gris de Papouasie tantôt ananas des îles, ça n’aurait rien changé. Et puis, ça n’est pas dit de façon subtile, presque imperceptible, non, c’est même l’inverse ; c’est plutôt gros parfois… Oui les personnages et le campus ont un esprit américain avec des gosses de riches, des nanas jolies et attirantes, des mecs sportifs et/ou au physique avantageux et oui j’ai trouvé un petit coté série américaine, mais il y a assurément une intrigue en béton derrière.
D’abord il y a un mort dont on découvre les circonstances du décès au compte-goutte et dont les travaux au campus déterre l’existence. Le passé rattrape la bande de potes à l’origine de ce meurtre, mais pas que ! Là est tout l’intérêt de l’intrigue, tout le passé de tous les personnages est remué, brassé, jusqu’à le faire remonter à la surface. Les pires actes et les mensonges les mieux gardés et cachés sont révélés jusqu’à ce que la terrible  mais très efficace vérité éclate et que le lecteur savoure l’étendue de l’intrigue et du désastre. Le suspense est entretenu du début à la fin, entre cliffhanger et bombes en fin de chapitres, et twist ending en fin de livre. Oui je m’étonne moi-même d’utiliser ces termes dans une chronique d’un livre de Musso ! C’est dire si j’ai été agréablement surprise par ce livre qui m’a totalement convaincue et enchantée, si bien que je l’ai lu en quelques heures.

On peut trouver du cliché, de la ficelle facile, et on peut surement anticiper des faits, je le conçois. On peut trouver tout cela bien trop facile et pourtant j’ai trouvé cette intrigue particulièrement complexe mais diablement bien gérée par l’auteur qui a éparpillé les informations, déposé révélations et retournements de situation du début à la fin et m’a offert une fin tout à fait satisfaisante.
Grosse surprise qu’a été La jeune fille et la nuit, mais quelle bonne surprise !

Le petit bonus, c’est que Guillaume Musso a réussi a posé les mots sur mon addiction à la lecture et je ne doute pas que d’autres se retrouvent dedans aussi.

Du plus loin que je me souvienne, je m’étais toujours senti seul, vaguement étranger au monde, à son bruit, à sa médiocrité qui vous contaminait comme une maladie contagieuse. Un moment, je m’étais fait croire que les livres pouvaient me guérir de ce sentiment d’abandon et d’apathie, mais il ne faut pas trop demander aux livres. Ils vous racontent des histoires, vous font vivre par procuration des bribes d’existence, mais ils ne vous prendront jamais dans leurs bras pour vous consoler lorsque vous avez peur.
(…)
Les romans ne m’ont pas guéri, mais ils m’ont soulagé un instant de la pesanteur d’être moi. Ils m’ont offert un sas de décompression. Ils ont constitué une digue contre la terreur qui déferlait sur moi.

La jeune fille et la nuit

 

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