Graham Masterton – La maison de chair

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Les gens pensaient que Seymour Wallis était fou. Mais, pour lui, il n’y avait pas de doute : sa maison respirait et il entendait un coeur battre entre ses murs ! Quelques cadavres plus tard, lorsque même les plus sceptiques durent se rendre à l’évidence, il n’y avait plus grand-chose à faire pour arrêter l’horreur qui avait surgie des ténèbres : un démon dont même les autres démons craignaient des débordements. A juste titre.


Comme bien souvent lorsque je commence un Masterton, je sens la bonne odeur d’horreur, de terreur et de fantastique sortir de chaque page pour venir se loger dans mes narines. Et même si je me détache du concept de valeur sûre, j’ai quand même envie de croire que ça va fonctionner. La maison de chair a tenu ses promesses : dès le début j’ai été prise dans l’histoire et malgré quelques petits défauts, j’ai englouti ce roman court. Court par rapport aux autres livres que j’ai lus de l’auteur et à ceux dans ma PAL.

L’histoire est simple mais très efficace. Un vieil homme, Seymour Wallis, fait appel au département d’hygiène public pour que ces messieurs viennent faire un tour dans sa maison qui, d’après lui, respire. Et en effet, rapidement, on se rend compte que la maison respire. Et ça n’est évidemment pas une image, nous sommes dans un roman de Graham Masterton, rappelons-le ! S’en suit un enchaînement d’événements de plus en plus violents, étranges et effrayants jusqu’au dénouement final qui m’a donné des visions imaginaires cauchemardesques.

Un très bon roman mais j’ai tiqué sur un fait : la crédulité des personnages. Qu’ils soient lambda, médecins ou policiers, aucun des personnages qui vient se greffer à l’histoire, n’a de doutes concernant la dimension surnaturelle, voire démoniaque, qui touche la maison de Seymour Wallis. Les personnes qui pénètrent dans cette maison en ressortent entre deux états – moitié mort pas tout à fait vivant – mais tout le monde (au moins dans les personnages confrontés aux événements) admet l’impensable avec une facilité déconcertante. Je trouve les personnages bien trop impassibles devant une situation extraordinaire, même quarante ans après la sortie de ce roman. Si certains personnages baignent déjà dans le paranormal ou s’y intéressent, d’autres comme le médecin qui soignent les malheureux qui ont croisé la route de la maison, devraient un minimum paniquer ou remettre en question le récit de ceux qui ont tout vu.

Cet élément aurait pu me faire décrocher en m’empêchant d’adhérer et de croire à l’histoire. Dans un autre livre avec un autre auteur, c’est certain, ça ne serait pas passé. Et c’est vrai que j’ai été un peu agacée par cela. Et pourtant je crois bien que je vais apprendre à écouter ma maison et ses bruits, à découvrir ses odeurs et la manière dont elle vit. D’ailleurs, je commence déjà à la regarder d’un œil différent, un peu plus mauvais, suspicieuse à son égard. Quant à la potentielle chose qui aurait élu domicile entre ses murs, je vais faire en sorte de ne pas la vexer en restant bien loin d’elle.
La maison de chair est le genre de livres qui fait sursauter au moindre bruit suspect, que cela soit en pleine nuit ou en plein jour. Une simple tasse qui se remet en place sur l’égouttoir à vaisselle pourrait faire battre votre cœur plus vite qu’à la normale. Comment ça, ça sent le vécu ? Oui, un peu.

Un roman terrifiant et court qui mélange surnaturel, démon et gore, histoire de bien hanter le lecteur en l’effrayant sur une large palette de faits de sorte qu’il n’oublie pas cette histoire. Et en plus de cela, Graham Masterton nous a concocté une note de l’auteur à faire frémir un mort !
L’origine de cette chose diabolique est tout à fait passionnante et tellement plausible en fait, que l’on y croit. Quant à ses actes, la manière dont elle se manifeste et dont elle prend forme sont carrément flippants. La scène finale du démon m’a tout particulièrement plu grâce au style de l’auteur qui me fait tout voir, sentir et entendre.

Pas le meilleur Masterton que j’ai lu (entre Le démon des morts et Rituel de chair, mon cœur balance parfois) mais un très bon roman tout de même qui rempli le contrat : il fait peur et c’est tout ce que j’attends de ce genre de romans.

J’étais à peine conscient. Un morceau de montant de porte m’avait atteint à la tête, du côté gauche, et mes jambes s’étaient effondrées sous moi. J’étais couché, le long du mur du corridor, enveloppé dans des lambeaux de tapis et j’avais l’impression que le monde entier s’écroulait tout autour de moi. L’ouragan brûlant hurlait et rugissait. Des débris tombaient de partout et dévalaient le corridor. Et par-dessus tout ça, comme Coyotte s’approchait de moi, j’entendis un bruit semblable à un cri perçant répercuté à l’infini dans des tuyauteries, un funeste cri d’angoisse, un cri de désespoir qui m’effraya encore plus que tout le reste.

La maison de chair

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