Guillaume Lecler – Bons baisers de Goscranie

51q+Wf8JFcLTallia, Ethinor et Jermold ont été promus diplomates. Les dirigeants mélthènes les chargent d’une mission prestigieuse, de la plus haute importance : négocier auprès des Goscrans, les charmants voisins aux mœurs… spéciales, les conditions d’exportation des furets. Rien que ça ! Et accessoirement, s’ils en ont le temps, découvrir pourquoi, à la cour goscrane, tous les espions mélthènes ont disparu. L’espionnage est affaire d’intuition, de chance, de savoir-faire, de déduction et de discrétion. Autant de qualités qui font totalement défaut aux trois aventuriers. Alors, aucune raison qu’ils ne réussissent pas… Si ?
Ce livre donne une suite à Deux zéros et demi mais peut se lire indépendamment. Il est toutefois préférable, si ce n’est déjà fait, de se procurer le premier. Préférable… pour l’auteur et ses droits : «Pasque… y’en a marre des nouilles !».


Rappelez-vous Deux zéros et demi, ce livre qui m’avait totalement séduite. Ce qui m’a surtout marquée, c’est l’intelligence de son auteur. Alors que certains usent et abusent de clichés et blagues lourdes, Guillaume, lui, met toute son intelligence au service de son humour et le mélange des deux fait très bon ménage. En ce qui me concerne, l’intelligence humoristique est née avec ce livre. Je n’avais rien lu de tel avant !
Depuis Deux zéros et demi, le temps a passé mais jamais Tamer n’est vraiment parti. Et bien oui, c’est mon personnage préféré. Autant dire que j’étais impatiente de le retrouver. Depuis aussi, j’ai tenté de lire quelques auteurs qui font dans l’humour et chaque essai s’est soldé par un véritable échec. Alors ce second roman de Guillaume Lecler, je l’ai accueilli avec tout mon enthousiasme.

En matière d’humour, je ne suis pas bon public. Je croyais l’être, trop d’ailleurs, et je me rends compte qu’en littérature humoristique, pas grand-chose ne passe. Pourtant, j’ai craqué pour cette plume-ci. Était-ce dû à l’effet de surprise ? Ou bien parce que cet auteur m’avait été conseillé par des personnes dont je suis certaine qu’elles sont objectives et sincères ?
Oui en lisant le tome 2 j’ai eu peur que mon enthousiasme retombe comme un soufflé. Autant je l’attendais avec beaucoup d’impatience, autant j’avais aussi très peur. L’humour, je le connais, le bonhomme aussi (au moins via Facebook). Alors, en quoi ce tome 2 pouvait-il vraiment me surprendre ?

Donnez-moi deux secondes que je me gifle une fois. Puis deux, tant qu’à faire. Que l’on mette les choses au clair : jamais je n’ai douté du talent de Guillaume. J’ai juste eu peur que l’effet de surprise du tome 1 ne revienne pas dans le tome 2. Rapidement, l’auteur a balayé mes inquiétudes puisque dès le titre du prologue, je retrouve mon auteur humoriste préféré et cette façon totalement décalée et drôle d’amorcer les choses. On est dans l’ambiance et je dirais même que l’on est balancé dedans tête la première sans aucune forme de préambule.

Bons baisers de Goscranie est bourré de guillaumeries et ça, c’est bien. C’est cool. C’est drôle ! Ce qui caractérise ce roman humoristique est la diversité des pointes d’humour justement. De la tirade pleine de répartie au double discours, tout y passe, tout est utilisé, rien n’est redondant. C’est beau et fluide, et surtout, ça surprend !
Et non, ce second tome n’est pas qu’une pâle copie de son prédécesseur, ou une suite dans la lignée de Deux zéros et demi. C’est bien plus que cela.

Ce qui change.

Le format est différent. Bons baisers de Goscranie est plus court mais vous savez ce que l’on dit ? Ce n’est pas la taille qui compte et l’auteur joue assez de cet adage dans son livre pour que cela ressorte comme une vérité absolue. Des livres dits « pavés » passables, on en a tous lus, comme on a tous lu de très bons pavés et nouvelles, et de très mauvais romans courts. Oui Bons baisers de Goscranie est plus court mais cela ne veut pas dire qu’il est moins riche en matière. Non. La plume de l’auteur a évolué, indéniablement. Il y a peut-être un peu plus d’assurance (parce que c’est le deuxième tome, que l’univers est déjà planté et les personnages connus) et surtout un travail avec les mots plus poussé. On s’éclate, on admire, on reste sur les fesses devant certaines trouvailles de l’auteur.
Alors oui, on est sur un format court mais qui correspond parfaitement à l’histoire qui, si elle avait été étendue sur plus de chapitres, aurait été trop étirée et l’élastique aurait sûrement pété. Il ne sert strictement à rien d’écrire un fait en dix mots quand la moitié suffit. Autant qu’il est inutile d’ajouter des scènes qui ne font pas partie de l’intrigue initiale, pour simplement donner un peu plus de consistance au livre (et non à l’histoire). N’en déplaise à certains lecteurs que se sentent « arnaqués » dès qu’on leur propose un livre de moins de cent pages (et j’en ai vu, et j’en connais) : Bons baisers de Goscranie est court et il est très bien comme cela !

Ce qui reste.

Tout le reste. L’humour percutant de l’auteur habille le livre de sa plus belle robe. Oui indéniablement Guillaume est finement drôle. Les boutades sont recherchées, les tournures originales et les punch line terriblement efficaces. Je n’ai pas eu l’impression de relire les mêmes choses. Pas même une intrigue dont la trame serait calquée sur la précédente. Et c’était un risque tant cet auteur est atypique. Mais on doit se rendre à l’évidence, le bonhomme sait très bien se renouveler tout seul. Et s’il me l’avait déjà prouvé dans le premier tome en me surprenant à chaque nouveau gag, il le fait de nouveau pour mon plus grand plaisir !
On retrouve les mêmes personnages bien évidemment puisque oui, il s’agit d’une suite. Tamer, Jermold et Tallia sont rappelés une nouvelle fois pour mener à bien une mission. Et comme ils sont toujours aussi couillons et gauches, ils vont se faire avoir. Une mission à base de furets… je vous laisse l’incommensurable plaisir de la découvrir par vous-même.

Une suite qui vaut le détour ?

Non seulement elle vaut un détour, mais elle mérite surtout qu’on s’arrête au stand et que l’on se délecte de son goût sucré qui (re)donne de la joie jusqu’au fin fond du cœur. Ce livre, à l’instar de son petit frère, est un anti-moral-dans-les-chaussettes efficace que je ressortirai quand nécessaire.
Les convaincus par Deux zéros et demi seront ravis de retrouver les personnages et la plume de l’auteur, quant à ceux qui ne connaissent pas encore, c’est le moment de s’envoyer les deux d’un coup !

Bons baisers de Goscranie
Deux zéros et demi

 

 

2 commentaires sur « Guillaume Lecler – Bons baisers de Goscranie »

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