Raphaël Grangier – Candirus

41Se87emdYL«Laissez-vous charmer par les atouts historiques et mystérieux d’une ville sans pareil. Londres saura capter l’intérêt du voyageur et attirer sa curiosité.»
Une annonce apparemment bien banale et les nombreux touristes embarqués dans les bulles transparentes de London-Eye sont bien loin d’imaginer qu’à quelques pas de là, sur la rive opposée à Big Ben, des riverains se sont plaints d’une odeur épouvantable. Un truc qui vous soulève l’estomac et vous pique la gorge.
Andrew Richards, inspecteur à la criminelle, officiant sur la capitale depuis plus de cinq années, et Steeve Ferguson, un jeune diplômé de Scotland Yard, viennent d’investir une petite chambre ensanglantée dans laquelle des morceaux de corps ont été découverts, suspendus comme des pièces de viande, dans une penderie. La mise en scène est complexe et les traces nombreuses.
L’enquête serait probablement plus aisée si les « Bobbys » du coin ne découvraient pas eux aussi, jours après jours, l’innommable en différents points reculés de la métropole. La mort violente s’invite heure après heure et semble se rapprocher des deux investigateurs.
Peu à peu le sablier se vide… Et les visages se dessinent.


Second roman envoyé par ma Poupinette Annick que je remercie à nouveau. Une découverte d’un auteur jusqu’alors inconnu avec ce premier roman, Candirus. Et le moins que l’on puisse dire c’est que l’auteur ne ménage pas ses lecteurs, les plongeant dès les premiers mots dans un brouillard fascinant. Un prologue prometteur qui me met dans l’ambiance et me donne déjà envie de savoir !

Le roman démarre donc sur les chapeaux de roue, une intrigue qui part très vite dans tous les sens mais de façon ordonnée. Trois tableaux d’entrée de jeu qui se passent le flambeau jusqu’à la découverte atroce d’un corps dans une penderie. Enfin ce qu’il en reste. La scène particulièrement répugnante, rappelle d’ailleurs au médecin légiste les fameux crimes de Jack l’éventreur. Dû aux différents tableaux qui ont servi d’entrée, rapidement le lecteur a une idée de la victime sans que cela ne lui soit confirmé, ce qui rend la scène d’autant plus écœurante que nous avons potentiellement accompagné la victime pendant les premiers chapitres et peut-être s’est-on attaché à elle. Ça n’a pas été mon cas (mon intérêt était irrémédiablement attiré par le potentiel méchant personnage parce que je préfère les méchants) mais ça ne m’a pas empêché d’éprouver du dégoût. L’atrocité des scènes de crime est accompagnée par des sortes d’énigmes que les flics tentent de décoder. Il y a donc un pan policier et enquête à ce roman mais pas que. Là est l’originalité de l’intrigue, tout ne tourne pas autour de l’enquête et d’ailleurs elle n’est pas aussi minutieuse que dans les polars pur et dur. Ici, on s’attarde sur les personnages et leurs passés, histoire de les comprendre, eux et leurs actes. L’auteur joue sur différents tableaux qui offrent au lecteur plusieurs angles de vue : celui des flics, des victimes mais aussi des tueurs. J’adore ça ! Et enfin, il y a une petite touche de gore, qui pourrait écœurer certains mais qui moi, m’a ravie.
Difficile de parler de l’intrigue parce qu’il y a beaucoup de matières et de personnages dont les vécus s’entrecroisent et forment un puzzle qui demande que l’on suive un peu, mine de rien.

Malgré un souci de dialogue en ce qui me concerne (je n’aime toujours pas les incises et encore moins les descriptions dans les dialogues), quelques tournures de phrases maladroites (mais peu nombreuses) et des petites erreurs de ponctuation, j’ai été enchantée de découvrir la créativité de ce monsieur. L’histoire est sympathique, le méchant diablement dérangé et l’intrigue tantôt gore, toute en suspens et parfois même dans l’émotion. On suit l’histoire comme une bonne série dont on aimerait découvrir le dénouement, parce qu’on sent qu’il y a quelque chose d’encore plus gros sous la surface. Quelque chose que l’auteur prépare depuis début. Je ne me suis pas risquée à chercher ce que Candirus voulait dire, et bien m’en a pris la surprise a fait son petit effet, me plongeant un peu plus dans le morbide et la folie. Un dernier tiers totalement réussi et avalé d’une traite. L’originalité de l’histoire et du tueur (que j’adore) ont vraiment eu un impact puissant dans ma lecture, n’ayant pas été convaincue plus que ça par la forme. Les tueurs sont parfois franchement dérangés mais on aime ça, non ?

Candirus

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