Mehdy Brunet – Le fruit de ma colère

41bOAVDu8bL._SX304_BO1,204,203,200_

Le jour où Ackerman vient demander de l’aide à Josey Kowalsky, le compte à rebours a déjà commencé. Il faut faire vite, agir rapidement. Josey n’hésite pas un seul instant à venir au secours de cet homme qui, par le passé, a su le comprendre. Ensemble, ils vont découvrir que la colère et la vengeance peuvent prendre bien des visages. Et s’il était déjà trop tard ?


‼️« Le fruit de ma colère » étant une suite, ma chronique spoile la fin de « Sans raison… » ‼️
Certains faits du premier livre peuvent être révélés dans cette chronique.

À la fin de Sans raison, nous quittions Josey Kowalsky, en train de siroter un café aux premières heures de la journée, lorsque Paul Ackerman avait débarqué, les cernes jusqu’aux pieds suppliant Josey de lui venir en aide. Les derniers mots de ce livre laissaient entendre que Paul était sur le point de révéler la raison de sa présence. « J’en comprends la raison lorsqu’il m’explique pourquoi il est venu me demander de l’aide… »
Alors lorsque commence Le fruit de ma colère, j’ai les pieds en éventail, le café dans les mains, face à un Paul épuisé qui vient me demander de l’aide. Et puis non. Nous sommes le lendemain matin par rapport à la fin de Sans raison, Paul n’a toujours pas fait sa révélation et la lectrice qui chipote, se demande : mais il s’est passé quoi pendant ces 24h ? Pas de réponse. Non seulement pas de réponse mais en plus ce fait m’a perturbée pendant que le décor du livre se mettait en place. Je n’ai pu penser à autre chose qu’à cette incohérence et je ne suis pas entrée dans le livre. Pas de suite.
Et puis j’ai aussi eu un autre souci d’adaptation. Dans le premier roman, l’auteur utilisait le « je ». Nous étions Josey et cela fonctionnait très bien. Je m’étais attachée à ce personnage, j’avais vécu l’histoire de l’intérieur mais dans Le fruit de ma colère, on repasse au « il ». On prend nos distances avec ce personnage, avec l’histoire, sa colère, sa rage, et ça me perturbe. Je crois même que ça « casse » quelque chose dans la « relation » que j’avais avec Josey, mais j’y reviendrai plus tard.

Pour le reste, je suis agréablement surprise. D’abord parce que Mehdy Brunet est tout à fait surprenant. Derrière cet auteur plutôt discret, on trouve quand même des faits durs, violents et sordides capables de nous donner la nausée. Et ça, j’aime beaucoup d’autant plus que tout cela reste supportable et plausible.
J’ai beaucoup aimé la construction même du roman qui permet au lecteur de suivre dans un même chapitre, l’histoire vue sous différents angles, au même moment mais à travers différents tableaux. Cette construction apporte de la matière et de la consistance à l’intrigue, mais aussi du rythme, beaucoup de questions dans la tête du lecteur et une envie irrépressible de savoir et connaître le dénouement. Un art que l’auteur maîtrise puisqu’il me l’avait déjà montré dans le premier. Il le confirme ici et j’ai adoré ça !
Enfin, il y a cette plume très douce et dure en même temps. Cette plume probablement capable de tout dire, tout montrer, sans que cela sonne faux. Un style qui se veut simple mais percutant, qui va à l’essentiel sans négliger les intentions et les émotions.

Mais voilà, en fin de lecture je sens que quelque chose s’est brisé entre Josey et moi. Je ne ressens plus sa colère ni sa détermination et globalement ces deux faits me manquent avec tous les personnages. Quant à Ackerman, impossible de m’attacher à lui. Son histoire n’y changera rien, jamais il ne me touchera parce qu’il n’est pas le genre de personnages auquel je m’attache. Bon là c’est vraiment pas de chance.
Je n’ai donc pas été transportée par l’intrigue et j’en suis navrée parce que j’étais sûre de mon coup dans la mesure où j’avais adoré le premier. Mais pour être tout à fait honnête, même si retrouver Josey était un réel plaisir, je ne voyais pas ce qu’il y avait de plus à dire sur ce personnage (j’étais d’ailleurs plus ou moins sceptique à ce sujet) et c’est ce qu’il ressort de cette lecture. L’écriture de Mehdy est un délice mais Josey, en tant que personnage, ne méritait pas forcément une seconde intrigue à mes yeux. En refermant le livre je me dis que même sans lui, l’histoire aurait tenu la route.

Une lecture très mitigée, ni positive, ni négative. J’ai été ravie de retrouver cette plume que j’aime beaucoup mais qui, malgré ses nombreuses qualités, n’aura pas réussi à me faire entrer dans cette histoire.
Néanmoins, ma curiosité a voulu savoir pourquoi. Pourquoi le frère d’Ackerman a été enlevé, par qui et dans quel but. Une sorte d’organisation à l’origine de cet enlèvement, portée par une puissante colère dont l’explication tient la route et dont on a envie de découvrir tous les secrets. Et là encore pas de chance, décidément, le twist ending n’est que la moitié d’un twist en ce qui me concerne, ayant eu des soupçons sur les vraies intentions (et le vrai rôle) du personnage concerné dès son apparition dans l’intrigue. En revanche, la révélation finale fait son petit effet parce que je n’avais pas son rôle exact, justement. Les derniers mots ont l’avantage de créer un « wouahou » me laissant ainsi sur une note positive.
Je garderai en mémoire que, définitivement, j’aime beaucoup le style de l’auteur même si la rencontre n’a pas eu lieu avec ce livre-là.

Le fruit de ma colère

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s