D’encres et de sang – Recueil de nouvelles Vol 2

couverture-finale

Les 19 et 20 mai 2018 aura lieu, pour la seconde année, le salon du livre « Rencontre d’encre » de Tulle, en Corrèze, organisé par l’association Pour l’amour des livres. Bon nombre de personnes savent à quel point ce salon a été spécial, grandiose, incroyablement surprenant l’année dernière. Lecteurs et auteurs indépendants se sont retrouvés ensemble et la magie a opéré. Une complicité est née qu’elle soit entre auteurs, entre lecteurs, ou entre auteurs et lecteurs. À la fin de la première journée, nous étions déjà devenus une bande de potes. À la fin du week-end, nous nous sommes quittés les yeux pleins de larmes, les mouchoirs à portée de nez, avec une seule question en tête : quand est-ce que l’on recommence ?

Et bien, c’est reparti. Quinze auteurs, quinze nouvelles, un recueil et un salon qui se profile à l’horizon, l’année 2018 débute par une averse de bonnes nouvelles. Le recueil est désormais disponible sur Amazon.

La couverture ferait penser qu’il s’agit d’un recueil de nouvelles exclusivement d’horreur. C’est le cas pour certains auteurs. Mais il y a aussi beaucoup de douceur. De dénonciation. De prise de position parfois. Il y a surtout une diversité des styles, des genres et des sujets abordés qui rendent ce recueil totalement atypique, presque collector. Oui complètement collector, en réalité. Je l’ai lu, et je vais vous en parler. J’ai fait le choix de dire un mot sur chaque nouvelle, mais une conclusion générale se trouve directement à la fin.

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Cédric Péron – Malbouffe

Une façon originale de dénoncer la malbouffe sans que le texte soit pour autant hyper moralisateur. Une découverte en ce qui me concerne puisque je ne connaissais pas Cédric Péron. De quoi me donner envie de plonger dans l’univers de l’auteur (et c’est aussi un peu le but de ce recueil.)

Nick Gardel – Rien ne presse

Le style Gardel est un style que j’adore et qui me fait rester jusqu’au bout, même si l’histoire ne me passionne pas. Rien ne presse est un condensé de ce que Nick fait de mieux ; l’humour, le style et l’intrigue façon Nick. Un bon moyen de découvrir l’univers de l’auteur, une sorte d’avant-gout.

Arnaud Codeville – Deux nuits

Arnaud, c’est ma découverte 2017. Sur le style, il n’a plus rien à me prouver, j’adhère à la chose, et il me régale à chaque fois. L’intrigue en elle-même a réussi à m’effrayer et à m’attendrir. Ça commence tout mignonnet par un week-end en amoureux plein de promesses, et ça finit dans le sang, tout ce que j’aime. Le lecteur prend évidemment sa petite claque habituelle avec les Codeville en atteignant la fin. Vous ne verrez plus jamais vos week-ends en (belle) famille de la même manière…

Michael Fenris – Aspiration

Bien que cet auteur était à Tulle l’an dernier déjà, je n’ai pas encore lu de roman de lui. Et surprise, jolie découverte. L’intrigue de fond est tout de même glauque (il y a un mort et du découpage de corps) mais qu’est-ce que c’est drôle et originale. Le personnage de Germaine est excellent ! Quant au rôle de l’aspirateur, je vous laisse le découvrir par vous-même.

Lawren Schneider – Gourmandise

Une nouvelle qui se déguste lentement, et qui explose en un million de saveurs. La chute peut être anticipée mais la qualité de l’écriture emporte le lecteur. Alors finalement, cette fin surprend et cette nouvelle est délicieusement mortelle. Laissez-vous guider par le chef étoilé…

Valérie Dufourd – Dominique… nique… nique…

Si vous avez la chanson dans la tête, rassurez-vous, moi aussi. Le titre ne me surprend guère connaissant la dame (et son humour ou sa folie, au choix). Pour cette nouvelle, les mots ne seront pas assez justes. Il aurait fallu me voir atteindre les derniers mots (et la révélation) ainsi qu’entrer dans mon cerveau qui a laissé échapper un : bah merde alors. Non parce que si Valérie ne vous surprend pas, alors je n’ai rien compris ! À côté de ça, il faut bien le dire, l’histoire m’a touchée, émue parfois, et la fin a bouclé le tout rendant cette nouvelle, exquise.

Frank Klarczyk – Le jouet

Frank quoi ? Si vous êtes un(e) petit(e) chanceux(se) comme moi, alors vous ne connaissez pas encore la plume de Monsieur Klar… Frank. Chanceux, mais vous ne savez pas à côté de quoi vous passez. Il est assez rare que je sois autant emballée par un style et là, la magie a opéré dès la première phrase. Et je ne parle bien évidemment pas de la nouvelle qui a tout : l’idée, la façon de l’amener et la fin parfaite. Descendez au sous-sol et plonger dans la maquette, mais méfiez-vous, vous y êtes peut-être déjà.

Céline Saint-Charle – L’homme en noir

Une plume agréable qui fera réfléchir chaque lecteur sur l’égoïsme et sa propre conception de la vie (et du couple) sur fond de fantastique. Ne pas oublier que nous ne sommes jamais seuls et que nos décisions peuvent avoir des conséquences sur les autres, jusqu’à les détruire. Ainsi, lorsqu’une seconde chance s’offre à nous, faisons du mieux que nous pouvons pour ne pas la gâcher… sauf si on a la chance de pouvoir recommencer.

Sébastien Vidal – Le black billy goat

Bienvenue dans le monde méconnu (de ma petite personne) du Western ! Chevaux, saloons, et… comment Sébastien dit-il déjà ? Ah oui, « putes vérolées ». On se demande vers quoi l’auteur nous emmène de sa plume affûtée qui semble prendre une direction inconnue. Les chasseurs de primes vous ouvrent leur porte, jusqu’à ce qu’ils la referment derrière le dénouement.

Katia Campagne – Échappée belle

Celle-ci va me marquer. Peut-être à vie d’ailleurs. Un grand-père, une petite-fille, les derniers instants. Il y a du bonheur, des sourires, de l’espoir et de la liberté. Cette nouvelle est simple, du moins l’idée de base, mais riche en émotions et en beauté. Katia Campagne m’a touchée en plein cœur et c’était intense. Merci Madame 🙂

Nicolas Le Breton – Une soupe de scorpions

Je vais être honnête, je n’ai pas été attirée par le genre du monsieur la première fois que je l’ai rencontré. Et pourtant, dans cette nouvelle, les mots m’ont emmenée au cœur de l’intrigue. C’est poétique, en retenu, tout en sensualité. C’est beau et dure à la fois, on se laisse embarquer par ce couple atypique, au cœur de ses relations même les plus intimes.

Lou Vernet – L’autre nom

Un adolescent de dix-huit ans, une histoire de suicide, et la plume plus que douce de Lou Vernet. Une nouvelle très courte, mais toute en finesse, en beauté, et en émotions. Le genre de textes qui ne nécessite pas d’être plus développé pour toucher et s’imprimer pour de bon dans l’esprit du lecteur.

Théo Lemattre – Ce qu’il pouvait m’arriver de mieux

Courte nouvelle, mais riche. Riche en sentiments surtout. L’auteur aborde beaucoup de sujets pour une si petite histoire. L’amour, la haine, l’abandon, le bonheur, la tristesse… la vie qui défile devant nos yeux… la vie tout court. Il s’agit en réalité d’un texte à s’approprier et à interpréter de façon très personnelle. Chacun saura y voir ce qu’il veut.

Illona Troadec – Apnée

Apnée s’attaque au sujet très délicat du harcèlement sans réellement le dénoncer, sans imposer de morale au lecteur, juste en nous faisant passer de l’autre côté du miroir. L’auteure nous montre l’envers du décor, à sa façon, à travers ses yeux et ses mots d’adolescente.

Anthony Signol – Woods Sweet Woods

« L’étrangleur de l’Oklahoma », un tueur en série, est sur le point de se faire exécuter lorsque le révérend auquel il a fait appel, se présente à lui. S’en suit un dialogue, un dernier, entre les deux hommes. Un jeu presque malsain se crée entre le tueur et l’homme d’église. En lisant celle nouvelle, j’ai d’abord pensé à La ligne verte, puis à Hannibal Lecter. Pas dans l’histoire, mais dans le comportement des personnages, leur humanité ou leur total détachement. Cette nouvelle est un huis-clos oppressant tout en tension et manipulation.

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Quinze auteurs. Quinze nouvelles. Quinze styles et sujets différents. Voilà ce que l’on trouve dans ce recueil. Il y a évidemment un avant-goût de colonie de vacances pour tous ceux qui sont allés au salon l’an dernier. Mais c’est surtout un recueil de qualité que l’on a entre les mains. Des nouvelles toutes plus originales les unes que les autres, qui nous font voyager, rêver, pleurer, rire, angoisser, et même chanter. Tous les bénéfices seront reversés à l’association Pour L’amour des livres. Autant dire qu’en achetant ce bijou, c’est un coup de pouce pour les auteurs indépendants promus par ladite association, que vous donnez. Que de bonnes raisons donc 🙂

D’encres et de sang
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