Floryan Després – La main de Marianne

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Une disparition inquiétante dans le nord de la France, un ami d’enfance comme principal suspect… L’enquête de l’inspecteur Rémy Jorris n’avance pas. Jusqu’à la découverte d’une main arrachée, le soir du match Reims-St Étienne. Simple hasard ou coup de pouce du destin?


Un premier roman, un nouvel auteur, une toile vierge… C’était pour moi. J’avais trois livres entamés, c’est celui-ci que j’ai fini en premier.

Avant l’histoire, parlons du style. Un style atypique et surprenant. C’est certain, c’est un peu déroutant au début parce que moderne dans les mots, les tournures, les dialogues. Ça change. Je me suis rendu compte qu’il est en fait assez rare de lire des livres dont l’histoire se déroule à notre époque. En y réfléchissant bien, les voyages dans le temps sont bien plus courants, que cela soit de plusieurs dizaines ou d’une poignée d’années. Les récits se déroulent très souvent dans le passé (ou le futur). Là, je n’ai pas du tout eu cette impression, et j’en ai été surprise, si bien que je l’ai remarqué. Un style que j’ai beaucoup aimé et qui a réussi à capter mon attention.
On ose le langage familier et le verlan dans les dialogues ; on utilise très peu de ponctuations, juste ce qu’il faut ; on intègre parfaitement les outils actuels tels Facebook et Candy Crush… Bref, ce style parle à toute personne vivant dans son époque. Pas de phrases lourdes, on épure, on va à l’essentiel, on avance dans l’intrigue et on plonge le lecteur directement dans le vif du sujet : la main de Marianne.

Le syndrome Chorale, le retour.

Oui, j’ai donné un nom à cette chose. Qu’est-ce donc que le syndrome Chorale ? Rappelez-vous, si vous me suivez, l’expérience rencontrée avec Chorale de Nick Gardel, dans laquelle j’avais été séduite par le style (confirmation d’un fait déjà mis en avant dans ma chronique sur Droit dans le mur) mais beaucoup moins par l’histoire. Avec La main de Marianne, c’est un peu pareil.

Bon, il s’agit d’un premier roman qui a ses qualités, mais aussi ses défauts. Des défauts qui sont plus une histoire de clichés qu’autre chose. Mais justement. En 2017, date de parution du livre, énormément de choses ont déjà été faites, reprises et souvent critiquées par les lecteurs. Retrouver ces clichés là, dans ce texte là, alors que l’intrigue aurait pu envoyer du pâté de steak (parce que mine de rien originale), m’a légèrement gâché la lecture.
La potentielle histoire d’amour entre Rémy Jorris et sa collègue : un classique. Un duo d’enquêteurs sympathique mais qui n’a franchement pas grand intérêt dans l’enquête, puisque La main de Marianne est un policier. La collègue n’est là que pour le pan romantique du livre. Je me serais volontiers passé de ce personnage. Ce jeu du Je t’aime, moi non plus, je n’en peux plus, tout simplement, surtout lorsqu’il est trop présent.
Les quelques clichés qui subsistent dans le livre et qui, malheureusement pour certains, sont sexistes. Le mec censé être un gros porc qui ne fait pas le ménage et vit dans la crasse… et surprise ! en réalité, il est une fée du logis et on s’en étonne. Celui-ci m’a particulièrement irritée.
Le titre. Je n’ai trouvé aucune explication à ce titre, hors mis le fait que la collègue de Rémy s’appelle Marianne. Quant à l’histoire de la main, je m’attendais presque à une demande en mariage à la fin. Et pourquoi pas ? Ça aurait pu être sympa. Mais non. Pas d’explication, pas de logique, je n’ai pas compris.

Mais ce livre, c’est aussi tout le reste. Outre le style très agréable et fluide de l’auteur, l’enquête est originale. On découvre une main dans un stade (scène particulièrement appréciable) et de fil en aiguille on remonte jusqu’à sa propriétaire pour ainsi ouvrir une enquête sur les causes de sa disparition. On soupçonne le mari, les amis, un peu tout le monde ; on avance, on recule, on piétine ; et puis doucement mais sûrement on arrive vers le dénouement sans s’en rendre vraiment compte. On suit Rémy et l’enquête, on est dedans, on prend les informations, et on tente de débusquer le coupable.
Une enquête peu riche en rebondissements je vous l’accorde. Il n’est pas du tout question d’instaurer un climat angoissant et de suspense. Il s’agit d’une enquête, point barre. Mais une enquête bien amenée et menée qui embarque le lecteur dans ce mystère qui semble a priori facile, et qui se révèle plus complexe qu’il n’y parait. Les enquêteurs (et le lecteur) s’enlisent, ont du mal à se dépatouiller de cette affaire mais mine de rien, on avance jusqu’au dénouement.

Un livre lu très rapidement plus pour le style que l’intrique en elle-même (bien que tout ne m’ai pas déplu je le rappelle), un style par ailleurs très prometteur. J’ai apprécié les pointes d’humour plutôt drôles et assez bien trouvées. La répartie et les joutes verbales des personnages font sourire, et ça change un peu. Malgré le sérieux de l’enquête, on arrive à détendre les personnages et le lecteur.
Il m’a manqué du suspense, des révélations et de la surprise. Le rythme est beaucoup trop lent et toujours le même, mais l’intrigue et son dénouement sont intéressants et prometteurs pour la suite. À voir.

La main de Marianne

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