Bruno Vanlan – Le serment assassin

410hIRWULuL._SX312_BO1,204,203,200_À Compiègne, Philippe Devaux, accompagnateur de patients en fin de vie, assiste au décès de Marie. Quelques jours plus tard, il découvre avec surprise que celle-ci lui a laissé un message vidéo : elle lui demande de retrouver Arnaud, un amour de jeunesse qui a hanté sa vie. En homme d’honneur, Philippe se lance dans une enquête improbable pourvu de ce seul prénom et de quelques indices vieux de vingt-cinq ans. Nicolas Barraz, quant à lui, s’est réfugié en Haute-Savoie après avoir respecté la parole donnée à Hélène, son épouse, aujourd’hui décédée. Devenu meurtrier par amour et brisé par son acte, il noie ses remords dans l’alcool sous l’oeil de Victor Lamelin, un médecin aux méthodes peu conventionnelles. L’homme tente de le sortir de son enfer avec un acharnement suspect… Trois hommes face à un serment : jusqu’où les mènera-t-il ?


Trois hommes, trois femmes, trois mortes et trois destins à jamais brisés, ou tout du moins, bouleversés, mais qui malgré tout, vont s’entrecroiser pour former un roman plutôt mitigé.

Il est des livres dont on ne sait quoi dire, soit parce qu’on ne les a pas aimés, soit parce qu’au contraire, on les a adorés. Concernant ce livre-là, si les mots me manquent, si rien n’est organisé dans mon esprit, c’est parce que je ne sais pas quelle opinion adopter.
Un roman pas assez à mon goût pour que je l’aime, mais pas décevant au point de ne pas l’avoir aimé.
En croisant la quatrième de couverture de ce livre, ce sont les dernières lignes qui m’ont donné envie de le lire. Je m’étais imaginé le destin de trois hommes, chacun faisant son petit bonhomme de chemin jusqu’à ce que tout se regroupe, s’explique, et que les actes de chacun aient une incidence sur le regroupement des trois personnages. Alors je me suis dit, même si le sujet ne m’intéresse pas, pourquoi pas ? Je pensais bien me retrouver nez – -nez avec le droit de mourir dans la dignité. Je redoutais ce sujet autant que la manière dont l’auteur aurait pu le traiter m’intriguait.
J’ai donc rapidement fait connaissance avec tous les personnages – et ils sont nombreux – avec intérêt et enthousiasme parce que le style de l’auteur m’a aussitôt agrippée. La façon dont Bruno Vanlan raconte son histoire est pointilleuse sans pourtant être lourde, et découvrir sa plume a été agréable. Mais j’ai vite déchanté.

Si le personnage de Philippe Devaux tient la route, concernant les autres, je suis beaucoup plus mitigée. Philippe fait donc partie d’une association qui accompagne les malades en fin de vie, et c’est aux côtés de Mary que nous découvrons l’importance et l’enjeu de son rôle. Touchant au possible, ce personnage de Mary va porter ce début de roman, dont j’ai du mal à percevoir le but, jusqu’au fameux message vidéo. Philippe et sa femme prennent alors la décision de retrouver Arnaud, et ça ne sera pas une mince affaire. La quête de cet inconnu, riche en matière et investigations, offre du rythme au livre et de quoi captiver le lecteur. Les différentes étapes des investigations ne sont pas tirées par les cheveux, bien au contraire, Philippe Devaux rame légèrement, et tant mieux cela donne du réalisme à cette partie de l’intrigue. Après tout, difficile de retrouver une personne avec comme seul point de départ, un prénom. La palme revient d’ailleurs au grand absent de ce roman, Arnaud qui, avec les Devaux, est le seul à m’avoir convaincue de rester jusqu’au bout, au moins pour savoir ce qu’il était devenu. C’est avec plaisir et intérêt que j’ai donc suivi et accompagné les époux Devaux dans leur quête, et d’informations en révélations, j’ai été assez impressionnée par le côté plausible des recherches. La chance romanesque que l’on rencontre bien trop souvent dans les livres, les coïncidences qui arrangent tout le monde et le hasard qui fait bien les choses, n’ont pas leur place ici. On découvre de nouveaux faits au compte-gouttes, tous pas toujours d’une grande aide, la plupart d’entre eux se terminant d’ailleurs sur une impasse. Sur ce point-là, j’ai vraiment bien aimé l’intrigue. Mais il y avait tout le reste.

D’abord, Nicolas Barraz et Victor Lamelin. Je n’ai pas du tout saisi leur intérêt et leur présence dans ce livre. L’un comme l’autre m’ont agacée, mais à part ça, ils n’ont fait qu’alourdir le texte, encombrer l’intrigue, me sortant tout bonnement de mon immersion du côté des Devaux. Quant au médecin aux méthodes peu conventionnelles… Bon d’accord, si la pêche est si extraordinaire que cela, pourquoi pas… Les concernant, j’ai arrêté de me poser des questions, d’essayer de comprendre et je me suis persuadée de n’avoir simplement pas accroché avec ces personnages-là. Ce qui d’ailleurs est probablement vrai, même si l’invraisemblance de leur histoire n’a rien arrangé.

À la lecture de ce roman, j’ai vécu une expérience très particulière. J’aurais pu, à maintes reprises, laisser de côté ce livre tant mon plaisir a été mis à rude épreuve. Si j’ai été passionnée par certaines facettes de l’intrigue, j’ai aussi été mal à l’aise, parfois blasée, et d’autres fois impatiente. Le plus difficile étant de savoir si tout cela est positif ou non… L’impatience est souvent synonyme d’engouement lorsque l’intrigue est tellement bien construite que le dénouement qui tarde à arriver est une délicieuse torture que l’on attend. Ici, mon impatience a été tout autre. Elle relevait plus de l’ennui que du suspense insoutenable, au point de parfois m’irriter, mais tout aussi perfide puisqu’elle n’a pas été permanente. Les instants d’ennuis venaient et s’en allaient aussi vite, suivant quels personnages étaient sur le devant de la scène.
Les instants de gêne, quant à eux, sont dus à cette impression rare mais néanmoins marquée, d’entrer dans l’intimité des personnages. Trop. J’ai eu le sentiment de voler des instants magiques et/ou intimes aux personnages, le genre d’instants que je n’aimerais pas que l’on découvre et que je ne partagerais d’ailleurs pas. Qu’il s’agisse des derniers instants d’une personne sur le point de mourir, ou des premières secondes d’une rencontre avec une personne que l’on va aimer plus que tout au monde… tout cela est bien trop personnel à mon goût, tout du moins trop détaillé.
Enfin, je suis convaincue que ce roman avait un but, un message à faire passer, et une fois refermé, rien ne vient. Je m’attendais d’ailleurs à être secouée concernant le droit de mourir dans la dignité… et pas du tout. Le sujet est abordé, mais succinctement.
Je suis complètement passé à côté de la problématique du « serment » de la quatrième, et même si elle est présente, je ne l’ai pas ressentie comme un serment à proprement parlé. Je n’ai pas compris son importance dans l’intrigue.

Alors entre tous ces faits qui ont plombé ma lecture et l’histoire des Devaux qui est à mille lieux d’être de la même trempe, je ne sais décider si j’ai aimé ou pas ce roman. Et pourtant, en connaissant la fin, je me suis dit que ce roman était typiquement le genre d’histoires que j’aime. Que le destin de deux hommes amenés à se rencontrer pour résoudre tous les mystères de l’intrigue aurait pu et dû fonctionner. Le problème que j’ai avec ce livre, c’est que je n’ai pas eu le sentiment de lire deux histoires parallèles qui s’entrelacent, mais bien d’avoir lu deux romans en un, avec des histoires qui n’ont aucun point en commun, toute deux travaillées, peaufinées et avec un but différent, jusqu’à ce que ça se réunisse dans les dernières pages. Dans mon esprit, ces deux intrigues prennent un chemin différent et malheureusement, jamais je ne les ai réunies pas même à la fin. Ce dénouement « commun » ne me convient pas du tout, car je m’attendais à avoir deux fins bien distinctes et que ce qui devait me surprendre et me faire croire que l’auteur avait joué avec moi, ne m’a donné que de la frustration. Dommage.

Le serment assassin

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