Danielle Steel – Trahie

OLYMPUS DIGITAL CAMERA


À 39 ans, Tallie Jones vit le rêve hollywoodien. Ancienne actrice, elle est aujourd’hui une réalisatrice à succès. Loin des strass et des paillettes, elle mène une vie simple et heureuse, aux côtés de son compagnon et associé Hunter. Jusqu’au jour où elle découvre qu’un proche lui dérobe de l’argent depuis plusieurs années. Déterminée à connaître la vérité, elle engage un détective privé. Mais ce qu’il va trouver va faire voler le petit monde de Tallie en éclats…


Parfois, il ne suffit pas de lire un genre pour décréter que c’est celui qui nous correspond le plus. Parfois, il est nécessaire de s’écarter du chemin bien droit, bien lisse, que nous nous sommes tracé, simplement pour vérifier qu’en effet, certains styles de lectures ne nous correspondent pas. Et puis, sait-on jamais, nous ne sommes jamais à l’abri d’une bonne surprise.
Je ne suis pas sortie de ma zone de confort intentionnellement. En vérité, j’ai eu comme un coup de foudre pour la couverture que j’ai trouvée simple mais moderne, féminine mais pas trop. Le nom de l’auteure me parlait, mais de là à imaginer que Danielle Steel, romancière américaine, était spécialisée dans le roman sentimental… je suis tombée de haut. C’est à dire que le sentimental et moi ne sommes pas copains. Le peu de souvenirs que j’en ai, sont des lectures un peu ennuyantes que ma grand-mère me refourguait quand j’étais plus jeune. Lorsque j’ai expérimenté le « roman sentimental » dans la vraie vie, je me suis rapidement rendu compte que tout ça, c’était de la poudre aux yeux. Depuis, je ne me suis jamais laissée séduire par ce genre de romans, mon esprit ayant gardé le souvenir d’histoires d’amour trop parfaites et de jolis sentiments à en faire une overdose… jusqu’à aujourd’hui.

Ce livre s’avère beaucoup moins sentimental qu’il n’y parait. Je vais même m’aventurer à dire qu’il possède quelques codes empruntés à d’autres genres (version romantique, attention), au moins en ce qui concerne le suspense et les révélations. Il y a également tout un pan émotionnel plutôt bien maîtrisé et amené par l’auteur. Lorsque le cœur de l’héroïne, Tallie, se scinde en deux, c’est mon cœur qui se brise. Enfin, on trouve dans ce roman de l’enquête (succincte) et du FBI… Le tout sur fond de 7éme art. Trahie a été une surprise plutôt agréable, même si honnêtement, je ne lirais pas du Steel tous les jours. Une fois par an me suffit amplement.

Le roman débute par les habituels chapitres qui posent les bases et en l’occurrence, ceux de Trahie présentent les personnages. Tallie, réalisatrice, Maxine sa fille, Hunter son compagnon et producteur, Brigitte son assistante et meilleure amie, Sam son père, Victor son comptable, et les amis des amis… Beaucoup de monde. C’est parce qu’un audit est demandé à Tallie et Hunter que Victor va fourrer son nez dans les comptes de cette dernière, et trouver des sommes faramineuses débitées tous les mois. D’interrogations en révélations, Tallie se retrouve à engager un détective privée qui va mettre au jour quelques vérités venant chambouler sa vie bien rangée, et surtout, ses relations.

Dire que j’ai été touchée par ce personnage est un euphémisme. Ce que Tallie vit, les trahisons qu’elle doit endurer et accepter, nous les connaissons tous. Être trahi par ceux que l’on aime le plus, de la pire façon qu’il soit qui plus est, est un crève-cœur dont on ne se relève pas forcément. Alors ce bout de femme, qui ne demandait qu’à être heureuse et aimée, qui menait une vie simple alors qu’elle aurait pu s’offrir le monde entier, je la porte à bout de bras. J’ai envie de plonger dans ce roman, de tarter deux ou trois personnages, histoire de leur remettre les idées en place en leur demandant « mais pourquoi vous m’avez fait ça ? ». Parce que oui, l’empathie fonctionne si bien – peut-être parce que le sujet (et la trahison) me parle – que le personnage de Tallie disparaît pour me laisser maîtresse du roman. C’est moi qui encaisse les coups, moi qui pleure et souffre, et je ne peux avoir qu’énormément de compassion pour ce personnage en souffrance.
Et puis il y a tout ce côté « suspense ». Le livre ne déborde pas de bons sentiments, d’actes et de dialogues mielleux qui respirent l’amour à nous en dégoûter. Il n’est en réalité pas tellement question de romance, mais bien de trahison. Bien sûr que l’on parle d’un couple idyllique vu de l’extérieur et qui s’avère bien plus sombre que cela. Évidemment que le côté « vie parfaite » de Tallie peut énerver et agacer. Oui nous avons droit au sempiternel « mais comment as-tu pu me faire ça » et certains passages sont pénibles à lire pour qui n’aime pas le genre parce qu’il y a cette tendance à tout rendre mielleux, à arrondir les angles, comme si, même en vivant la pire trahison, les personnages continuaient de marcher délicatement sur un nuage de coton. Mais enfin, ça n’est pas le sujet, ça n’est pas ce qui prédomine dans ce roman. Pas au début.
J’ai été agréablement surprise par la direction que prend l’intrigue et assez vite en fait. Ce mystère autour de cet argent qui disparaît depuis plusieurs années, les secrets des uns et des autres, les agissements suspects, les idées que l’ont se fait, les théories que l’on met en place (et qui s’avèrent parfois justes), les émotions si justement retranscrites au point que l’on souffre avec Tallie… Bref, de quoi me tenir en haleine et me donner envie de connaître la suite et la fin.

La magie a donc opéré, mais au début seulement. La seconde partie du roman, une fois les secrets révélés et alors que les personnages et le lecteur sont en attente du procès, l’intrigue perd de son intérêt. J’y ai cru ! J’ai été touchée, j’ai pleuré, je me suis sentie concernée par le sujet. Je pensais avoir trouvé la perle rare. Je me disais que j’allais être récompensé pour ma prise de risque. Et bien non. Enfin c’est de ma faute, je n’avais qu’à pas y aller aussi.
La fin quant à elle…. bon, c’est un roman sentimental qui finit comme il a commencé, malheureusement. Parce que tout est toujours trop beau, tout va toujours trop vite, je suis rassasiée du sentimental pour une bonne année ! Non, définitivement, on ne se remet pas d’une trahison aussi douloureuse en à peine 20 pages.

Trahie

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s