Sylvie Bardet – Tu n’iras pas danser

51LmvoLzrYL._SX315_BO1,204,203,200_Adèle, une fragile scénariste de trente-cinq ans, se retrouve plongée dans un Paris fantomatique qui va jeter à ses trousses des phénomènes inexpliqués dont l’intensité va augmenter de façon dramatique. En cherchant à comprendre et à déjouer ces événements terrifiants, elle va devenir un personnage sombre et inquiétant dont elle n’aurait jamais soupçonné l’existence.
Tu n’iras pas danser est un roman d’aventures, un thriller psychologique qui va vous faire reconsidérer votre environnement, votre entourage, et les sourdes manipulations dont vos proches sont capables.
Ne jugez pas Adèle trop vite.
Qu’auriez-vous fait à sa place ?
Qui seriez-vous devenu ?


Un livre commencé puis abandonné après avoir découvert son côté « paranormal » (qui n’était pas ce que je recherchais à l’époque). Très peu de commentaires sur Amazon, une couverture que je trouve sublime et attrayante ; tout était réuni pour titiller ma curiosité.
Je me suis donc lancée. Ce livre n’est pas parfait. Il a parfois quelques soucis de logique, et la manière dont certaines idées sont amenées manque de fluidité. Pour résumer, j’ai eu un peu de mal à suivre les décisions des personnages et l’évolution de l’histoire à certains moments-clé étant donné qu’ils sont les cadenas qui permettent d’ouvrir les portes de l’intrigue.
J’ai trouvé çà et là quelques clichés ou tournures de phrases un peu pompeuses, comme si on avait à tout prix cherché à placer un synonyme de tel ou tel mot. Mais en dehors de ça, et malgré mes a priori, jolie surprise qu’a été Tu n’iras pas danser.

Phénomènes paranormaux, voisins très et trop étranges, hallucinations et visions, hôpital psychiatrique, tout y passe. Le personnage principal, Adèle, vit de très étranges phénomènes qui la conduisent dans un monde à mi-chemin entre le rêve et la réalité. Ces visions effrayantes, glauques et angoissantes, ont une part de réalité en relation avec le passé d’Adèle, et une part un peu plus sombre dont on ne saurait dire s’il s’agit de prémonition ou de folie. Peut-être un peu des deux. C’est finalement ce côté un peu flou qui fonctionne assez bien et instaure l’angoisse qui m’a attrapé et permis d’entrer, cette fois-ci, dans l’histoire. On ne sait jamais lorsque Adèle va « partir » dans ses délires, et surtout, on ne sait interpréter le sens de ses visions énigmatiques. Ce qui est certain, c’est qu’une part du mystère se trouve dans le passé d’Adèle, et qu’une autre part est cachée derrière la porte des mystérieux voisins, un couple énigmatique dont la femme ne crache aucun mot et dont l’homme nous attire irrémédiablement. Un sac de nœuds qu’il va falloir défaire, un par un. Bon et si on ajoute à tout cela le fait qu’un démon se promène dans les parages, je crois qu’il n’y a plus rien de positif à espérer de ce roman : nous sommes dans le noir, l’horreur, dans une lecture démoniaque.
Mais derrière cette histoire de démon, d’apparition et de vision, se cache en réalité une histoire avec un sens profond sur la tentation et où cette dernière peut nous mener. Une lecture à double sens qui d’un côté offre une histoire horrifique, et de l’autre de quoi réfléchir quelques minutes sur la nature humaine et ses vices.

Alors, bon thriller psychologique ? Oui et non.

L’auteure m’a captivée avec son style, parfois ses personnages, et surtout les facettes surnaturelles de l’intrigue. Le souci, c’est que je n’ai pas tout compris, tout suivi, je suis passée à côté de certaines choses, pas aimé d’autres, la palme revenant à Lucifer, dont l’apparition dans l’histoire m’a vraiment dérangée : un diable qui sert la justice (c’est du moins ce que laisse penser le récit) et qui se prend d’affection pour la personne qu’il tente de torturer… Ce n’est malheureusement pas crédible à mes yeux. Ça n’est du moins pas ce que j’attends d’un démon. Mais ça reste original, on est bien d’accord, je ne peux enlever ça à l’auteur qui a utilisé un démon ultra connu pour en faire quelque chose de novateur. Mais ça ne passe pas. Lucifer arrive un peu comme un cheveu sur la soupe et bien que cette scène ne dure pas très longtemps, je ne l’ai pas comprise. Malheureusement, elle est l’élément déclencheur du changement de comportement d’Adèle, et passer à côté est un peu embêtant, mais n’empêche pas la compréhension de la suite. Lucifer n’est en réalité qu’une étape qui change la direction du récit.
Mais évidemment, il y a eu des choses bien aussi. L’histoire est bien construite, captive, tient en haleine. On a envie de savoir ce que cache Adèle, de quoi est fait son passé, pourquoi elle se retrouve à vivre des phénomènes paranormaux et surtout à quelle tentation elle tente de résister. Les scènes surnaturelles sont plausibles et tout de même bien amenées, si bien que j’ai vécu les scènes de l’intérieur. Et frissonné aussi. Heureusement, quelques petites touches d’humour permettent au lecteur de reprendre son souffle. Parait-il que Lucifer a une tête de con !

J’ai beaucoup aimé l’acte I qui se concentre principalement sur Adèle et les phénomènes surnaturels. Des moments de terreur, de frissons et d’angoisse… Oui, le côté fantastique est plutôt bien réussi.
J’ai un peu moins aimé l’acte II que j’ai trouvé invraisemblable pendant toute la première partie. Une rencontre avec le diable en personne ne laisse jamais indifférent et je ne suis pas certaine que l’on s’en sorte sans une contrepartie. J’ai trouvé le sort réservé à Adèle et l’introduction de Lucifer un peu bancals et sans réelle logique, c’est dommage.
L’acte III, travaillé en amont par la fin de l’acte II (que j’ai aimé), amène bien évidemment avec lui le dénouement (et les quelques centaines autres pages avec encore une fois des moments-clé compliqués pour moi), fait son boulot et clos le livre sur une note positive. J’ai bien aimé la fin.

J’ai passé un agréable moment avec Tu n’iras pas danser. À certains moments, j’ai vraiment eu l’angoisse des scènes que je lisais tellement j’étais dedans. Le style Bardet est plutôt agréable. J’ai beaucoup aimé le côté fantastique de l’acte I, le côté thriller de l’acte II mine de rien assez bien maîtrisé et surprenant, thriller qui se poursuit dans l’acte III accompagné d’une touche de romance et qui s’achève en apothéose. Un achat fait un peu au hasard, pour une découverte finalement sympathique. Ce n’est pas tant l’histoire qui m’a séduite (car je reste avec le sentiment que certains faits sont un peu bancals), que l’originalité de l’intrigue. Oui, finalement, ce sont la construction du roman, le fait qu’il soit atypique, et les différents genres de ce livre, les personnages, ainsi que le style de l’auteur que j’ai grandement apprécié, qui m’auront séduite.

Tu n’iras pas danser

 

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