Laurent Loison – Charade

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Un rythme effréné qui vous laissera le souffle court !
Il laisse derrière lui des cadavres de jeunes femmes atrocement torturées et de mystérieux messages. Ce cruel et terrifiant tueur en série est pourtant traqué par le meilleur flic du 36, le commissaire Florent Bargamont, et une brillante criminologue, Emmanuelle de Quezac.


 

Sous mes airs de lectrice trentenaire qui se laisse amadouer par la plume romantique de Chris Loseus… par la plume optimiste presque philosophique de Cyril Massarotto… cette même lectrice qui un jour a succombé au charme de Charlie Wat en dévorant L’amour à nu… Sous tous ces aspects se cache en réalité une amatrice de gore. J’aime ça et je n’y peux rien ! J’aime les frissons qui parcourent mon corps à la vue de sang, de cervelle, de membres déchiquetés, de corps mutilés et parfois méconnaissables… J’aime être horrifiée par la folie humaine tant qu’elle n’est que fictive ! Oui, la noirceur de certaines âmes me fascine autant qu’elle m’écœure et je jubile lorsque je suis confrontée à ce mélange délicieux de plaisir malsain et de honte assumée. (Parce qu’il ne faut pas être nette pour aimer ce genre de choses, non ?)
De même que sous son titre enfantin, Charade cache également un côté plus sombre, plus gore. Des meurtres atroces que notre imagination peine à imager tant que nos yeux n’ont pas croisé les descriptions des scènes de crime ou des rapports de légiste ; un tueur en série dont la noirceur de l’âme dépasse l’entendement, dont le mobile, les motivations et le cheminement intellectuel sont un mystère pour quiconque est sain d’esprit ; un commissaire qui ne succombe qu’à l’adrénaline générée par de tels actes, de telles enquêtes dans lesquelles l’horreur côtoie le morbide, embrassant au passage l’immoralité et la perversion.
Alors oui je jubile de me voir offrir ce genre d’histoires et scènes absolument lugubres et totalement dénuées de beaux sentiments. Le sang coule, gicle, éclabousse, et moi, j’en redemande !

Mais ce thriller n’est évidemment et malheureusement pas construit uniquement sur de l’hémoglobine et quelques meurtres épouvantables. Au cœur de Paris, le lecteur intègre une équipe de policiers ; Florent Bargamont, Loïc Gerbaud et la nouvelle recrue : Emmanuelle de Quezac. Au même moment, le tueur à la charade fait sa première victime, Louise, et dépose sa première devinette. Et oui, c’est bien évidemment autour de cette charade, que l’auteur tisse sa toile, que l’intrigue s’épaissit et que les personnages évoluent. Autant dire que le lecteur est au cœur de l’action et que lui aussi deviendra membre de ce jeu macabre. De quoi en mettre plein la vue au lecteur, au moins sur le papier.

Mais finalement, en prend-il vraiment, plein la vue ? Pas vraiment. Pour le sale, rien à dire, j’ai adoré. Pour le reste, heureusement que les crimes étaient là pour capter mon intérêt sinon j’aurais tout lâché.

Quel dommage que le potentiel de Florent Bargamont, alias Barga (le personnage principal) n’ait pas été utilisé dans son intégralité. Ce type est une charade à lui tout seul, une énigme qui demande concentration, interprétation et déduction pour percer son secret et résoudre son cas. Il est un personnage complexe, que l’on peine à comprendre mais que l’on adore ne pas comprendre justement. Je ne cache pas que j’aurais aimé le voir encore plus cruel, méchant, à la hauteur de sa réputation. Ce que l’on sait de lui, c’est qu’il est capable de « devenir » tueur. Il a cette capacité à faire abstraction de ce qu’il est, de l’endroit où il se trouve, pour se plonger dans la tête d’un tueur, de fouiller les moindres recoins de son esprit et de son âme. C’est ce qui lui vaut sa réputation et sa réussite. Mais à quel prix le fait-il ? Là est tout l’enjeu de ce personnage tiraillé entre son génie, ses capacités, son don même, et les effets et les répercussions que tout cela à sur lui. C’est ce qui le conduit (probablement) à se voir imposer des séances avec un psychiatre (ordre du chef) et c’est aussi cette facette de son histoire qui le rend plus humain et plus attachant, voire fascinant. Dommage que tout cela n’est pas été plus utilisé dans le roman, j’ai eu une impression de voler au-dessus de tout son potentiel.

Mais ça n’est pas la seule raison pour laquelle je n’ai pas adhéré à cette histoire et que mon engouement est beaucoup moins prononcé que la majorité des lecteurs. La première autre raison est la présence de trop nombreux clichés, que ce soit sur les flics, les personnages de façon générale, les caractères de chacun ou les éléments physiques.
Le sexe et les allusions sexuelles. Bien amenés et à petite dose, je peux facilement me laisser séduire par ces scènes et allusions « coquines » que l’on retrouve dans beaucoup de roman, et qui, parfois même, sont drôles. Dans Charade, elles sont bien trop présentes à mon goût. Les blagues lourdes, les allusions, tout ça me fatigue très rapidement. On ose même intégrer la ville de Bransles au roman, et évidemment, on détourne cela de sorte qu’un personnage se retrouve avec le jean déformé. Vraiment ? La gent masculine réduite à reluquer des fesses, des seins, et à avoir la gaule pour pas grand-chose m’a quelque peu irritée.
Dernier point qui m’a fait perdre le fil de l’histoire, le déclic des flics qui va permettre de résoudre l’enquête. Je ne sais pas d’où il vient, comment il est arrivé dans le cheminement intellectuel du commissaire, et d’ailleurs je ne le trouve pas logique. Bon, admettons que je sois passée à côté d’un truc.
Quant au dénouement, twist ending ou pas, aucune surprise dans mon cas en ce qui concerne la révélation de l’identité du tueur, travaillée depuis le début du livre justement. Moi qui pensais que c’était une fausse piste pour faire croire que, et bien non…

Charade est un livre qui divertie mais je m’attendais à mieux vu sa réputation… Un début très prometteur et pourtant… Très peu de surprises pour moi, des personnages clichés ou du moins déjà vus, un dénouement qui aurait pu être une surprise mais qui ne l’a pas été. Un avis très mitigé, et je ne suis pas certaine que Charade reste dans mon esprit très longtemps.

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