Chris Loseus – Chatsworth Creek

51oPLjmSCNL._SX331_BO1,204,203,200_La vie sourit enfin à Jack Sanders, écrivain sans succès, lorsqu’on l’appelle pour remplacer au pied levé un auteur de best-sellers dans le plus grand talk-show américain. Il y rencontre Janice Woon, championne de ski au palmarès international. Très vite, une belle histoire d’amour va naître entre eux, les tabloïdes du monde entier s’en emparent et Jack devient le romancier à succès qu’il rêvait d’être. Mais en s’installant à Chatsworth Creek, dans une vieille maison surplombant la ville, quelque temps après la retraite sportive de Janice, Jack voit la frontière entre ses écrits et le monde réel se réduire pour mettre en danger ce qu’il a de plus cher au monde : son amour pour Janice.


Il y a cinq mois, je découvrais Chris Loseus avec Bill dangereuse innocence↗, un roman qui m’avait permise de vivre, pour la première fois, un moment de lecture tellement intense, que j’en garde encore les ressentis. J’avais eu cette sensation de ne plus exister, de ne plus être moi-même, à la lecture de ce roman. J’avais perdu la conscience de mon existence, et avais vécu pleinement et intensément l’histoire de l’intérieur, faisant abstraction de tout ce qui m’entourait.
Je suis actuellement dans une période très difficile pour un lecteur. Celle pendant laquelle nous sommes à la recherche du roman qui va nous transporter, nous faire vivre un moment incroyable, et puis rien ne vient. Les livres défilent, nous plaisent plus ou moins, mais au fond, les effets post-lecture s’évaporent trop rapidement.
De Chatsworth Creek et surtout, de Chris Loseus, j’attendais beaucoup. Beaucoup trop ? Peut-être.

Avant d’être une romance ou un thriller, Chatsworth Creek est une expérience. Le lecteur est plongé à la fois dans l’histoire, et dans la conception d’une histoire : dans la tête d’un auteur. Chris Loseus nous donne l’opportunité de nous glisser dans la peau de celui qui écrit, avec ses instants d’extase, de doute, ses moments privilégiés en communion avec les personnages, et puis le côté sombre de ces mêmes protagonistes qui poursuivent l’écrivain même lorsqu’il cesse d’écrire. Le concept de réalité et d’imagination est admirablement bien construit, si bien que le lecteur, lui aussi, se perd. Vrai, pas vrai ?
Il est assez intéressant et passionnant de voir l’envers du décor au sein même d’un roman. On imagine alors assez facilement que l’histoire du roman et le processus d’écriture de ce même roman, se confondent. L’auteur lui-même a-t-il vécu l’histoire de Jack ? S’est-il lui aussi perdu entre réalité et fiction ? La question se pose et pour nous aussi, lecteurs, le rêve et la réalité s’entrelacent pour finalement semer le doute.

Les premiers chapitres sont consacrés à la rencontre improbable entre un auteur inconnu, Jack, et une skieuse de renom, Janice. Le coup de foudre est immédiat, et Chris Loseus nous offre une histoire d’amour idyllique. Loin d’être gnangnan ou débordant de romantisme, ces chapitres permettent au lecteur de vivre cette histoire d’amour comme les personnages eux-même ; avec pudeur, simplicité, et intensité. Si je ne suis pas adepte de littérature sentimentale, je dois avouer que la plume de cet auteur fonctionne parfaitement avec ce genre. Chris Loseus parvient à me glisser quelques papillons dans le ventre sans que son intrigue déborde d’amour ou de bonheur à outrance.
Et puis rapidement, l’histoire prend un tout autre tournant pour finalement plonger le lecteur au cœur du sujet : la malédiction de la maison occupée par le couple. Et si le roman fonctionne à merveille, c’est bien parce qu’il est très difficile de faire la différence entre les scènes qui appartiennent à l’imaginaire de Jack et à l’écriture de son roman, et les scènes qui se déroulent dans la réalité. Démêler le vrai du faux, l’imaginaire de la réalité, est un casse-tête – autant pour le lecteur que pour Jack – et tient le lecteur en haleine, pendu aux mots de Chris Loseus pour connaître le fin mot de l’histoire.

Comment parler de ce livre, sans parler d’amour. Du vrai ? Il est la pièce maîtresse de cette intrigue mi-fantastique, mi-thriller, mi-sentimental. Il est un roman inclassable, au dessus de beaucoup de choses dans le message qu’il véhicule, et en dehors de tous les genres tellement il mélange un peu tout.
L’amour, ce sentiment si fort, si dévastateur mais qui dans ce roman est abordé comme la chose qui compte le plus au monde. L’amour qui triomphe, survit, et sort grand vainqueur des épreuves endurées. L’amour qui empêche de pardonner, de comprendre, et d’accepter. L’amour qui détruit, tue, et empêche d’avancer. L’amour dans toute sa beauté et sa douleur. Un pur bonheur.
J’ai adoré. Le style Loseus m’avait indéniablement manqué. Alors à la question, ai-je trop attendu de ce roman et de son auteur ? Non. Rien de comparable avec ma première expérience. Bill a été un coup de cœur, un vrai. Un de ces romans qui restent ancré dans l’esprit du lecteur. Chatsworth Creek restera à sa manière, parce que c’est un Loseus, et que c’est un très bon roman. Je n’ai pas trop attendu, trop espéré. Chris Loseus m’a donné exactement ce j’attendais, et il était temps !

Chatsworth Creek↗
Bill dangereuse innocence↗

5 commentaires sur « Chris Loseus – Chatsworth Creek »

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