Théa Marcau – Les vieux jouets

vieuxjouetsCe vieillard n’était pas un appel au meurtre. La veille, ils avaient fait le tour des pensionnaires et personnels de la maison de retraite, soixante-trois personnes en tout. C’était un bâtiment récent avec un étage. Il avait été construit un peu à l’écart du village pour mettre la vieillesse à l’abri. C’était ce que disait le dépliant, protéger les vieux jours et calmer les angoisses. Un tueur était pourtant entré et il n’avait eu besoin que d’un coussin pour emporter une vie. En quoi ce vieillard qui perdait la tête pouvait-il être encore une menace pour quelqu’un ? C’est à cette question que devront répondre les deux enquêteurs, Marc Velcor et Nathalie Veirgne. Cet homme assassiné avait mis une vraie constance à se retirer du monde. De son passé de résistant, il ne restait que son carnet rédigé en 1991 et ce meurtre qu’il racontait. C’était celui d’un enfant, sauvagement poignardé par une jeune femme devenue pédopsychiatre.


Une auteure qui signe là son second roman – je n’ai pas lu le premier. Lorsque je commence Les vieux jouets, j’ai un goût amer dans la bouche, tenace qui plus est. L’ouverture de ce blog était l’occasion idéale pour me lancer de nouveaux défis. Rien de bien extraordinaire, je me suis simplement tournée vers le genre policier.

Les enquêtes policières m’ont toujours intéressée, surtout lorsqu’il s’agit de meurtres. De la découverte du corps, au dénouement, en passant par les indices, les preuves, les suspects, et j’en passe. Un travail de fourmi que j’aime admirer à travers des documentaires. Je suis fascinée par le cheminement des enquêteurs. Longtemps, je n’ai regardé que des séries « policières ». NCIS, Les experts, Dexter, New-York police judiciaire, Cold case, Veronica Mars, FBI portés disparus, Bones, Alerte Cobra – ça ne rajeunit pas – pour ne citer qu’elles.

L’intérêt pour le policier était donc là depuis longtemps. Mais étrangement, je n’ai pas le souvenir d’avoir fait l’expérience de la lecture dans ce domaine. Et comme j’ai crée ce blog, je me suis dis que c’était le moment ou jamais de prendre des risques en matière de lecture. Me voilà donc avec deux romans policiers. Le premier est une déception dont je ne parlerai pas plus que ça. L’autre, est Les vieux jouets. Un policier, écrit par une femme. Oui, par une femme. Je le précise parce que je ne lis quasiment jamais les femmes. Avec le temps, je me suis rendu compte que la sensibilité des hommes me touchait plus, et que celle des femmes me rebutait. Allez comprendre pourquoi, c’est comme ça. Ce roman m’a fait changer d’avis, au moins un peu.

Les personnages ont une vraie histoire, détaillée, et une vraie personnalité, bien distincte. J’aime particulièrement découvrir les détails de leur vie et de leur passé au compte-gouttes, tout comme les deux enquêteurs, Nathalie et Marc.
Le suspense, lui, est présent du début à la fin. Si indices sur le dénouement il y a, je ne les ai pas vus, et par conséquent, le coupable a été une vraie surprise.
Les révélations sont cohérentes et l’enquête tient la route. Cette dernière n’est ni trop rapide, ni trop lente. On suit pas à pas, les différentes étapes d’une enquête au mystère plus qu’intrigant. Mais qui est donc cet homme sans histoire apparente ?

L’histoire d’ailleurs, ou plutôt l’Histoire, vient se mêler au roman. Un gros plus non négligeable. La période choisie est loin d’être originale – la Seconde Guerre mondiale – mais l’histoire qui en découle, elle, est intéressante. Les actes et les personnalités des personnages découlent de leurs vécus durant cette période sans que l’on en sache plus – au début. Les secrets enfouis d’une période d’horreur refont surface, et ça donne une affaire explosive.
Un meurtre, une enquête, de l’Histoire et de la psychologie, c’est un cocktail qui fonctionne parfaitement sur moi. Chaque sujet traité amène son lot de suspense et de révélation, faisant de ce roman, un page-turner.

Sur la forme, le livre se laisse lire, même si certaines tournures de phrases n’ont trouvé aucun sens à mes yeux. J’ai bien tenté de relire, d’ajuster les virgules pour mon confort, en vain. Elles sont minimes, et peu nombreuses. C’est acceptable. Il y a quelques répétitions de faits, mais là encore, on les oublie assez rapidement. En réalité, rien ne vient entacher ma lecture dans la durée.

Les dialogues sont cohérents, réalistes, bien que peu fluides parfois. La relation entre les deux flics se veut simple, et c’est tant mieux. Les histoires dans les histoires n’apportent jamais rien de bon – sauf si on a le talent pour – , et pour le coup les autres personnages suffisent à tenir le lecteur en haleine. D’ailleurs, connaître l’histoire profonde des enquêteurs n’est pas mon but premier. Clairement je m’en fiche, et ça tombe bien, puisqu’on ne s’immisce pas tant que ça dans leurs vies.

Ce que j’attendais avec impatience, après avoir été rassurée sur le style de l’auteure, c’était bien évidemment le dénouement de l’affaire. Et j’ai été servie. Multiples rebondissements et révélations à la clé. Le passé de la victime et de son entourage se dessinent peu à peu, révélant au lecteur l’étendue du mystère. Un dénouement qui trouve sa solution en fin de livre, sur quelques pages – une trentaine. Néanmoins, je m’attendais à quelque chose de beaucoup plus spectaculaire concernant le mobile du meurtre du retraité. Mais encore une fois, la raison exposée se tient.

Ce roman est le premier policier que j’apprécie, en étant seulement le second que je lis. Je n’ai pas de recul, mais pour une première expérience, je suis ravie.

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2 commentaires sur « Théa Marcau – Les vieux jouets »

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